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Xénophobie en Afrique : quatre organisations burundaises interpellent l’Union africaine

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L’OLUCOME, l’ALUCHOTO, l’ABUCO et l’ONLCT « Où est ton frère » dénoncent les violences, les mauvais traitements et les discriminations dont seraient victimes des Burundais dans plusieurs pays africains. Dans une lettre adressée au président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye, ces organisations demandent la mise en place d’une commission africaine indépendante chargée d’enquêter sur les violations des droits humains commises contre les migrants burundais, particulièrement au Kenya.

Les quatre organisations ont expliqué le contenu de leur correspondance lors d’une conférence de presse conjointe tenue ce mercredi à l’hôtel Source du Nil. Elles disent ne pas comprendre que des Africains, tels que des Burundais, puissent être victimes de violences et de mauvais traitements dans d’autres pays du continent, alors que ces États appartiennent à des organisations régionales communes et ont souscrit à différents accords visant à favoriser la libre circulation des personnes, des biens et des services.

Pour ces organisations, la montée de la xénophobie constitue une menace pour les fondements de la solidarité africaine. Elles estiment que les violences, les discriminations et les divisions observées dans certains pays sont contraires à l’idéal panafricain ainsi qu’à plusieurs instruments juridiques nationaux, régionaux et internationaux ratifiés par les États africains.

Prime Mbarubukenye, président et représentant légal de l’ONLCT « Où est ton frère », l’une des organisations signataires, cite en l’occurrence le Kenya, l’Afrique du Sud et la Tanzanie parmi les pays où des actes de maltraitance envers des étrangers sont rapportés. Il déplore le décalage entre les textes adoptés par les États et leur application sur le terrain.

Selon lui, plusieurs pays africains ont signé des accords censés protéger les citoyens et favoriser leur circulation, mais ces engagements restent, dans certains cas, insuffisamment appliqués.

Les organisations questionnent le rôle des institutions régionales

Les organisations signataires s’interrogent aussi sur l’efficacité des institutions africaines et régionales face à ces situations. Elles évoquent notamment le rôle de l’Assemblée législative de la Communauté d’Afrique de l’Est, l’EALA, qui devrait, selon elles, contribuer à défendre les intérêts des populations de la région.

« Je n’ai jamais entendu le message d’EALA », déplore Gabriel Rufyiri, président de Olucome, estimant que cette institution devrait demander des comptes lorsque des citoyens de la Communauté d’Afrique de l’Est sont victimes de violences ou de discriminations.

Noël Nkurunziza, secrétaire général de l’ABUCO, estime pour sa part que les organisations régionales perdent leur raison d’être lorsqu’elles restent silencieuses face aux mauvais traitements infligés à des citoyens africains. Vianney Ndayisaba, coordinateur au sein de l’ALUCHOTO, juge également préoccupante la situation des Africains victimes de violences sur leur propre continent.

Ndayisaba affirme que son organisation connaît actuellement 37 Burundais qui auraient été tués et environ 484 autres emprisonnés dans différents pays. Il appelle ainsi les États africains à renforcer la solidarité entre leurs citoyens, estimant que le continent ne peut être respecté à l’extérieur s’il ne protège pas lui-même ses populations. Rufyiri, président dénonce ce qu’il considère comme l’inaction de certains représentants élus au sein des institutions africaines. Il estime que ces représentants devraient davantage défendre les intérêts des populations qu’ils sont censés représenter.

Les quatre organisations demandent l’ouverture d’un dialogue entre les parties concernées et la création d’une commission chargée d’enquêter sur les violences et les violations des droits humains, afin d’identifier leurs auteurs et de les sanctionner conformément à la loi.

Elles sollicitent également auprès de l’Union africaine la mise en place d’une commission africaine indépendante chargée de mener une étude approfondie sur les violations présumées des droits humains dont seraient victimes les migrants burundais au Kenya, en prenant en compte les pertes humaines ainsi que les dégâts matériels attribués aux violences xénophobes.

Les organisations appellent ainsi au renforcement de la bonne gouvernance dans les pays africains, qu’elles considèrent comme un moyen de contribuer à la prévention et à la réduction des violences et des discriminations.

Ces plateformes préviennent que, si leurs préoccupations ne sont pas prises en compte, elles sont prêtes à poursuivre les démarches avec d’autres organisations africaines partageant les mêmes préoccupations.

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