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Budget de l’État : les choix agricoles interrogent

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L’Assemblée nationale a adopté vendredi le budget général de l’État pour l’exercice 2026-2027, dont le montant dépasse 7 000 milliards de francs burundais. Au cours des débats ayant précédé son adoption, plusieurs députés ont exprimé leurs inquiétudes quant aux ressources allouées au ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, tandis que l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques (Olucome) remet en question la forte augmentation du budget national.

Lors de l’analyse du projet de loi budgétaire, l’honorable Gérard Ntimpirangeza souligne que le secteur agricole bénéficie chaque année d’importants moyens financiers sans que les résultats obtenus ne répondent aux attentes. Il s’interroge notamment interrogé sur la persistance de l’insécurité alimentaire alors que, selon lui, le ministère dispose de ressources conséquentes pour relever ce défi.

Répondant à ces préoccupations, le ministre des Finances, du Budget et de l’Économie numérique, Alain Ndikumana, a reconnu que le secteur agricole reste confronté à de nombreux défis qui nécessitent encore des investissements importants afin d’augmenter durablement la production.

D’autres interrogations ont été soulevées par les parlementaires. L’honorable Jean-Claude Nshimirimana demande surtout des éclaircissements sur certaines modifications apportées au projet de loi budgétaire, particulièrement celles relatives aux investissements destinés aux engrais et aux industries de transformation agricole.

Le ministre Alain Ndikumana explique que les conclusions du récent recensement du secteur agricole ont orienté une grande partie des ressources vers l’approvisionnement en engrais. Selon lui, plus de 400 milliards de francs burundais sont consacrés aux intrants agricoles.

Pour sa part, l’honorable Denise Ndadaye regrette l’absence, dans le budget du ministère de l’Agriculture, de crédits destinés à l’acquisition de machines agricoles susceptibles de faciliter le travail des cultivateurs et d’améliorer les rendements. Sur cette question, le ministre a indiqué que le gouvernement poursuit encore ses réflexions avant de prendre des décisions. Au terme des discussions, le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage s’est vu attribuer une enveloppe de 616,2 milliards de francs burundais.

Une hausse budgétaire qui suscite des interrogations

L’Olucome a exprimé ses réserves sur l’augmentation du budget de l’État. Lors d’une conférence de presse tenue le 11 juin consacrée à l’analyse du budget exercice 2025, cette organisation juge difficilement compréhensible la hausse de 64 % enregistrée par rapport à l’exercice précédent.

Selon Gabriel Rufyiri,président de l’Olucome , le budget national est passé d’environ 5 000 milliards à plus de 7 000 milliards de francs burundais en une année, une progression qui soulève des interrogations quant à sa faisabilité au regard des recettes attendues. L’organisation estime que le gouvernement devrait fournir davantage d’explications sur les raisons ayant motivé cette révision à la hausse.

Gabriel Rufyiri s’inquiète aussi de certaines faiblesses observées dans l’exécution budgétaire. En se référant à la loi de règlement budgétaire, l’organisation considère que plusieurs questions demeurent concernant la gestion des finances publiques.

Pour lui, l’ambition affichée par les autorités de faire du Burundi un pays émergent à l’horizon 2040 et développé en 2060 risque d’être compromise si des pratiques assimilées à une indiscipline budgétaire persistent dans la gestion des ressources publiques.

 

 

 

 

 

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