Le lac Tanganyika, l’un des plus grands lacs d’eau douce au monde, est aujourd’hui confronté à une pollution croissante qui menace aussi bien sa biodiversité que la santé des populations riveraines. L’environnementaliste Albert Mbonerane estime qu’il est encore possible d’inverser la tendance, à condition que les autorités, les entreprises et les citoyens s’engagent résolument dans la protection de cet écosystème stratégique.

Pour Albert Mbonerane, la dégradation du lac Tanganyika est avant tout le résultat des activités humaines. Il rappelle que pendant longtemps, le lac était considéré comme une immense réserve d’eau douce. Aujourd’hui, en revanche, les déchets de toutes sortes qui y sont déversés détériorent sa qualité et menacent directement les populations qui dépendent de ses eaux.
Selon lui, la santé du lac est étroitement liée à celle des habitants. En plus de fournir de l’eau potable, le lac constitue une source essentielle de nourriture grâce à ses ressources halieutiques. La poursuite de la pollution risque ainsi d’entraîner la disparition progressive des poissons et d’affecter durablement les moyens de subsistance des communautés riveraines.
Protéger la biodiversité pour stimuler l’économie

L’environnementaliste estime que la protection de la biodiversité du lac Tanganyika devrait devenir une priorité nationale. Il affirme qu’en investissant dès aujourd’hui dans la préservation de cet écosystème, le Burundi pourrait, à l’horizon 2040, tirer davantage profit de ses ressources halieutiques et accroître ses exportations de poissons, générant ainsi des devises importantes pour l’économie nationale.
Parmi les actions prioritaires, Albert Mbonerane recommande notamment le dragage de la rivière Lukuga afin de contribuer à la régulation du niveau des eaux du lac et de favoriser un environnement plus sain.
Albert Mbonerane appelle également les autorités à appliquer effectivement le principe du « pollueur-payeur », déjà prévu dans le Code de l’eau. Il invite le ministère en charge de l’Environnement à instaurer un dialogue avec les entreprises produisant de l’eau en bouteille afin qu’elles mettent en place un système efficace de récupération des bouteilles en plastique qu’elles commercialisent.
Selon lui, un tel mécanisme permettrait non seulement de réduire la pollution plastique, mais aussi d’approvisionner les entreprises spécialisées dans le recyclage, créant ainsi une économie circulaire bénéfique à tous.