Des habitants de la colline Nyabigina, zone Kabonga, commune Nyanza en province Burunga, dénoncent des décisions gouvernementales prises sans consultation préalable. Ils pointent notamment la construction sur des terrains privés et appellent les autorités à privilégier le dialogue pour éviter les divisions au sein de la communauté.

Selon plusieurs habitants de la zone Kabonga, certaines décisions prises par les autorités passent mal auprès de la population concernée. En cause : l’absence de concertation en amont.
Le cas le plus cité est celui du gouvernement qui prévoit de construire sur des terrains appartenant à des citoyens de Nyabigina sans les avoir préalablement consultés. Pour ces habitants, ce type de décision risque de provoquer des divisions, voire des conflits.
« De telles décisions peuvent créer des tensions au sein de la communauté. Elles détériorent les relations entre les habitants ou suscitent de la colère envers les autorités, allant parfois jusqu’à favoriser l’émergence de discours de haine », confient-ils.
Ils estiment qu’avant toute mesure, les autorités devraient organiser des réunions d’information et de sensibilisation. Objectif : permettre aux personnes concernées de comprendre les objectifs des décisions et éviter ainsi les tensions.
Contacté, Benoît Ndayishimiye, un des responsables de la colline Nyabigina, reconnaît la difficulté. « Les autorités administratives s’efforcent d’organiser des réunions pour expliquer et faire comprendre à la population les décisions prises, surtout lorsque celles-ci sont difficiles à accepter », indique-t-il.
Pour Acher Niyonizigiye, expert en leadership, le problème vient souvent du contenu même des décisions. « Les décisions qui ont été rejetées, ce sont des décisions qui exigent à ces gens-là de dépenser de l’argent », explique-t-il. Il cite en exemple l’obligation de paver l’espace entre les maisons et les routes principales. Niyonizigiye trouve que cela exige des dépenses qu’on n’avait pas prévues et ce n’est pas toujours évident qu’on ait l’argent pour paver.
L’expert évoque aussi l’enregistrement obligatoire des cartes SIM qui, dans certains coins, a pris beaucoup de temps et les gens se sont plaints parce qu’ils ont du travail à faire, car ont-ils expliqué, ils ont des activités quotidiennes auxquelles ils doivent s’occuper.
Acher Niyonizigiye appelle les dirigeants à la prudence : « Il est très important que les dirigeants sachent que nous sommes dans un pays où les gens ont été blessés à plusieurs reprises. Prenez le temps de consulter vos collaborateurs, vos conseillers. Si vous trouvez que c’est nécessaire, parlez même à toute la communauté avant d’introduire la décision ou la mesure. »
Il recommande aussi la maîtrise des outils de gestion tel que les documents de travail. Selon lui, le manque de compréhension entre les décideurs et la population a des conséquences néfastes sur la cohésion sociale et favorise l’émergence des discours de haine.