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Lac Rweru : Bras de fer autour de l’îlot Ruyoka

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Dans la commune Busoni, zone Gatare une cinquantaine de ménages vivent sur l’îlot dit Ruyoka, au milieu du lac Rweru. L’Office burundais pour la protection de l’environnement exige leur délocalisation, invoquant la protection de la biodiversité et les risques encourus par les habitants. Ces derniers réclament des terres cultivables en échange.

Sur l’îlot Ruyoka, situé au milieu du lac Rweru dans la commune Busoni, vivent hommes, femmes, enfants et personnes âgées. Environ 56 ménages, composés de Batwa et d’autres communautés, se sont installés progressivement sur ce bout de terre, transformant peu à peu l’espace en zone cultivable et d’élevage.

Pour l’Office burundais pour la protection de l’environnement, OBPE, la situation n’est plus tenable. Contacté par Bonesha FM, Diomède Manariyo, responsable de l’institution dans la province de Butanyerera, tire la sonnette d’alarme : « Ce lieu n’est pas un espace habitable. Leur vie est également en danger : pas d’écoles, pas de postes de soins de santé. Pour aller à l’école, des élèves prennent des bateaux pour se déplacer. Il en est de même pour les malades souhaitant sortir de l’île. Ils ont commencé à s’installer un à un et les logiques de propriété foncière se sont installées petit à petit. Les familles se multiplient de jour en jour et la biodiversité est mise à mal. Il faut que ces gens soient délocalisés. »

Selon l’OBPE, les habitants ont empiété sur les ressources biologiques de l’îlot et l’environnement n’y est pas suffisamment protégé. Même constat du côté du BPAE, Bureau provincial de l’agriculture et de l’élevage, qui estime que l’îlot Ruyoka ne devrait pas être habité, mais plutôt protégé et classé parmi les sites touristiques.

« Nous respectons la bande des 50 mètres »

De leur côté, les habitants de Ruyoka affirment faire des efforts pour préserver l’environnement. « Nous essayons de protéger l’environnement. Ici, nous avons un point que nous ne pouvons pas dépasser en cultivant. Nous ne pouvons pas couper les arbres dans un périmètre de 50 mètres en bordure du lac », témoigne un habitant.

Une autre résidente nuance toutefois : « Il n’y a pas d’autres animaux, seulement il y a des hippopotames qui ravagent souvent nos champs. Ils se déplacent même pendant la nuit quand nous dormons et nous les entendons. »

Si une relocalisation devait avoir lieu, les familles posent leurs conditions. Elles demandent à l’État de leur attribuer des terres fertiles. Quant à leurs propos, leur survie dépend essentiellement de l’agriculture et de l’élevage pratiqués sur l’îlot.

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