À Gitega, le prix du charbon de bois connaît une hausse spectaculaire ces derniers mois, suscitant inquiétude chez les habitants confrontés à des difficultés croissantes pour subvenir à leurs besoins énergétiques.

Selon plusieurs habitants de la ville de Gitega, le prix du sac de charbon de bois a fortement augmenté par rapport aux années précédentes. Au cours des deux derniers mois, un sac se vendait entre 50 000 et 60 000 francs burundais, contre 80 000 à 90 000 francs actuellement. Une situation jugée inhabituelle par de nombreux consommateurs.
Cette flambée des prix pèse particulièrement sur les ménages qui dépendent du charbon pour la cuisson quotidienne. Certains témoignent que des quantités autrefois vendues à 1 000 francs coûtent désormais 2 000 francs, sans pour autant suffire à cuire des aliments de base comme les haricots.
Face à cette situation, plusieurs habitants lancent un appel à la baisse des prix. Ils affirment ne plus savoir comment faire face aux dépenses du quotidien, d’autant plus que le bois de chauffage, considéré comme une alternative, devient difficile à trouver en cette saison pluvieuse.
Du côté des producteurs, les explications avancées pointent vers la rareté et le coût élevé du bois destiné à la carbonisation. Ces derniers indiquent que l’approvisionnement en matière première devient de plus en plus compliqué, ce qui se répercute directement sur le prix final du charbon.
D’après la FAO et des études connexes, le recours massif au bois et au charbon pour la cuisson au Burundi représente un enjeu critique de déforestation et de dégradation environnementale, alimenté par une forte demande domestique. Plus de 96 % de l’énergie domestique provient de la biomasse, menaçant les écosystèmes et la biodiversité.