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Burundi : La lutte anti-drogue désarmée aux frontières

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Manque de moyens et corruption. C’est le double constat dressé par les acteurs opérant dans le secteur de lutte contre la prolifération et la consommation des stupéfiants et les boissons alcoolisées. D’un côté, Raphael Ngendakumana, président et représentant légal de l’OLCOS, dénonce une unité antidrogue sans matériels modernes pour traquer les trafiquants. De l’autre, Jovinion Minani, chef de la police antidrogue, pointe des autorités locales corrompues qui sabotent la lutte, tout en appelant à une collaboration entre police, autorités et population.

Pour Raphael Ngendakumana, président de l’OLCOS (Organisation de Lutte contre les stupéfiants, les boissons prohibées et le tabagisme, le constat est clair : « Ici, au Burundi, il n’y a pas de stratégie efficace. L’unité antidrogue n’a pas de moyens suffisants ni de matériels modernes pour détecter le trafic. L’unité est là, mais elle ne travaille pas bien à cause de ce manque. Il appelle le gouvernement à appuyer cette unité avec des équipements et des spécialistes.

Ngendakumana salue tout de même les efforts à l’aéroport international Melchior Ndadaye mais déplore le fait que ce trafic s’est déplacé au niveau des frontières   : « Cette année, la police a bien travaillé pour détecter ces drogues. Le chiffre du trafic passant par l’aéroport a baissé mais le trafic s’est déplacé au niveau des frontières, le trafic est monté. Les agents qui travaillent là-bas n’ont pas les moyens efficaces pour détecter ces drogues. »

 

La corruption locale dans le viseur de la police

Jovinion Minani, chef de la police anti-drogue confirme ces difficultés. Pour ce responsable de la police antidrogue, certaines autorités locales corrompues par les vendeurs et consommateurs de stupéfiants font partie des obstacles majeurs.

Pour Minani la solution réside dans la synergie des acteurs pour juguler les stupéfiants et les d’autres boissons prohibées car selon lui : « La lutte contre les stupéfiants ne peut pas être l’œuvre d’une seule personne. Il faut une collaboration entre les autorités, la population et la police. »

Selon les données de l’agence belge de développement Enabel, au Burundi, la consommation de drogues est une préoccupation majeure de santé publique, touchant principalement les jeunes. Les substances les plus répandues incluent le cannabis, la cocaïne, l’héroïne, et des drogues synthétiques locales comme le boosta , dans un contexte où le pays sert également de zone de transit pour les trafics régionaux.

 

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