Alors que la production nationale de café est passée de 50.000 à 112.000 tonnes en une année, le découragement persiste sur le terrain dans la zone Bugendana, province de Gitega. Faible rémunération et retards chroniques de paiement poussent des caféiculteurs à abandonner et même à arracher leurs caféiers au profit des cultures vivrières, malgré les mesures de relance annoncées par l’ODCA.


Sur les collines de Bugendana, le constat est visible. Dans plusieurs plantations de café, les bananiers et les plants de maïs ont pris la place du caféier. Et même ces cultures de remplacement, selon des observateurs sur place, ne bénéficient d’aucun entretien.
Interrogés, des caféiculteurs expliquent ce découragement par deux facteurs majeurs : la faible rémunération qui ne correspond pas aux efforts fournis, et le retard chronique dans le paiement de leur production.
Certains affirment avoir carrément arraché leurs caféiers pour planter des bananes et du maïs, surtout durant la période où la filière était gérée par des opérateurs privés.
« A la place du café, on cultivait la banane et le maïs pour avoir de l’argent dans l’immédiat. La culture du café a connu un recul car le paiement est tardif alors qu’on a besoin d’argent tout de suite », confie un producteur rencontré à Bugendana.
Quant à Oscar Uwikunda, directeur général de l’ODCA, l’Office pour le Développement du Café, reconnaît cette période de découragement qu’ont traversée les producteurs. Il souligne toutefois que des efforts sont en cours pour redynamiser la filière.
« Il y a eu une période où le gouvernement s’est désengagé de la filière café, où les caféiculteurs ont été démotivés par des opérateurs qui n’étaient pas soucieux de leurs intérêts. Certains ont pu arracher leurs plantations« , a-t-il indiqué.
Pour inverser la tendance, le gouvernement du Burundi a, selon lui, doublé le prix du café. L’Odca mise également sur la digitalisation pour garantir un paiement à temps.
« Dans les années passées, avec la digitalisation, nous avons mené beaucoup plus d’efforts pour qu’on puisse payer les caféiculteurs à temps, pour qu’ils puissent avoir de l’argent pour satisfaire leurs besoins. Vous le savez, le mois d’août, c’est le mois où les agriculteurs cherchent les semences, les engrais et se préparent aussi pour la rentrée scolaire« , a ajouté Oscar Uwikunda.
Malgré ce manque d’engouement observé ces dernières années, le directeur général de l’Odca affirme que le nombre de caféiculteurs a augmenté. Une évolution qui se reflète, selon lui, dans la production nationale, passée de 50.000 tonnes l’année dernière à 112.000 tonnes cette année.
Quant à Oscar Uwikunda, directeur général de l’ODCA reconnaît cette période de découragement. Il affirme cependant que le gouvernement a doublé le prix au kilogramme et a introduit la digitalisation pour payer les caféiculteurs à temps, surtout en cette période du mois d’août où les besoins en semences, en engrais et pour la rentrée scolaire sont pressants.