Lors de la présentation du document de programmation budgétaire et économique pluriannuel devant l’Assemblée nationale, le ministre des Finances, Alain Ndikumana, dresse un tableau des perspectives économiques du pays pour les prochaines années. Il indique que la contribution du secteur primaire, dominé par l’agriculture, est estimée à seulement 1 % pour la période 2023-2025. Toutefois, cette part devrait connaître une nette progression pour atteindre 6,1 % entre 2026 et 2029.

Malgré ces projections jugées encourageantes par l’exécutif burundais, certains parlementaires expriment leurs préoccupations. L’honorable Louis Kamwenubusa s’interroge sur la cohérence des indicateurs économiques, notamment sur le fait que le taux de croissance puisse dépasser le taux d’inflation, alors que les prix des produits sur les marchés continuent d’augmenter de manière significative.
En réponse, le ministre des Finances a expliqué que cette situation s’explique en grande partie par des facteurs conjoncturels, tels que le coût élevé du transport des marchandises et la pénurie persistante de carburant, qui impactent directement les prix à la consommation.
De son côté, l’honorable Jean-Claude Mbarushimana a exprimé ses inquiétudes face à cette situation économique et a recommandé la mise en place de mécanismes plus efficaces de commercialisation. Selon lui, ces mesures pourraient contribuer à stabiliser le secteur primaire et à améliorer les conditions de vie des populations.
Dans ses perspectives économiques régionales d’octobre 2025 pour l’Afrique subsaharienne, le FMI (Fond Monétaire International rappelle que les besoins urgents de dépenses de développement persistent alors que le financement extérieur reste contraint et les charges du service de la dette sont élevées. L’institution insiste sur deux priorités pour desserrer ces contraintes : renforcer la mobilisation des recettes intérieures et améliorer la gestion de la dette. Des défis qui font écho aux préoccupations des parlementaires burundais sur les écarts entre croissance projetée, inflation et coût de la vie.