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Bujumbura : la pénurie d’eau potable exaspère les habitants de Carama

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Dans le quartier Carama I, en commune Ntahangwa au nord de Bujumbura, les habitants continuent de faire face à une pénurie d’eau potable qui dure depuis près de deux ans. Entre longues files d’attente et risques sanitaires, la situation devient de plus en plus préoccupante.

Dans plusieurs rues de Carama I, le décor est devenu familier : des cyclistes transportant des bidons sillonnent le quartier à la recherche d’eau potable. Devant les rares robinets publics fonctionnels, des files d’attente se forment dès l’aube.

Certains habitants racontent devoir patienter pendant des heures. « Je suis arrivée ici à 5 heures du matin et j’attends jusqu’à 11 heures pour espérer avoir de l’eau », témoigne une résidente. Une autre renchérit : « Moi aussi je suis arrivée à 5 heures. J’espère que l’eau sera disponible vers 11 heures. »

Selon eux, l’eau des robinets domestiques « semble avoir été oubliée », tandis que les points d’approvisionnement publics restent insuffisants et irréguliers.

 

Des conséquences sur l’hygiène et la vie quotidienne

La pénurie d’eau potable perturbe fortement la vie des ménages. Les habitants évoquent des difficultés croissantes liées à l’hygiène et à l’assainissement.

Les toilettes dégagent parfois des odeurs nauséabondes faute d’eau pour le nettoyage, tandis que la préparation des repas devient un véritable casse-tête. « On attend longtemps pour cuisiner, à cause du manque d’eau », déplorent-ils.

Au-delà du quotidien, les résidents s’inquiètent également pour leur santé. Le manque d’eau favorise, selon eux, la propagation de maladies liées à une mauvaise hygiène. « Nous craignons d’attraper des maladies liées aux mains sales », alertent-ils.

Face à cette situation, les habitants appellent la Regideso à intervenir de manière urgente et durable. Ils demandent notamment une alimentation continue en eau au niveau des robinets publics récemment installés.

« Il faut que la Régie fasse tout son possible pour disponibiliser au moins l’eau des robinets publics », insistent-ils.

 

Des promesses encore attendues

Lors de différentes conférences de presse organisées entre 2025 et début 2026, le directeur général de la Regideso a reconnu que la pénurie d’eau potable en mairie de Bujumbura est un problème majeur.

Il a toutefois assuré que des mesures sont en cours pour améliorer l’approvisionnement en eau dans la capitale économique. Aucun calendrier précis n’a cependant été communiqué, laissant les habitants de Carama I dans l’incertitude.

Il convient toutefois de souligner que, selon les données statistiques, la proportion de la population ayant accès à l’eau du robinet est passée de 15,6 % en 2001 à 38,2 % en 2020. Parallèlement, le recours à l’eau de rivière a nettement reculé, chutant de 14,8 % à 3,5 % sur la même période.

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