À quelques mètres du pont de la rivière Rusizi, en direction de Gatumba, le constat est alarmant. Les eaux ont déjà envahi la chaussée menant vers Uvira, rendant la circulation particulièrement difficile pour les véhicules. Dans les quartiers environnants, plusieurs habitations sont désormais encerclées par les eaux.

Pour tenter de faire face à la montée des eaux, les habitants improvisent des solutions de fortune. Des sacs de sable et des troncs d’arbres sont utilisés pour aménager des passages rudimentaires. Mais ces installations cèdent régulièrement sous la pression de l’eau, laissant les populations dans une situation de grande vulnérabilité.
Sur place, les témoignages traduisent le désarroi. « Nous vivons dans des conditions déplorables. Nous sommes dans l’eau comme des poissons, alors que nous sommes des humains », déplore un riverain rencontré en train d’évacuer l’eau de son habitation.
Parmi les victimes, une femme enceinte de cinq mois, mère de trois enfants, tente de sauver quelques effets personnels endommagés. « L’eau est entrée dans la maison. Nous n’avons plus de logement. Nous avons trouvé refuge dans une église », confie-t-elle, visiblement éprouvée.
Dans plusieurs quartiers de Gatumba, la situation est devenue critique. Routes et sentiers sont submergés, obligeant certains habitants à utiliser des pirogues pour se déplacer ou poursuivre leurs activités génératrices de revenus. « Les routes se sont transformées en rivières. Nous vivons pratiquement sous l’eau et faisons face à de nombreuses difficultés », témoigne un autre habitant.
Outre les déplacements difficiles, les conditions de logement se sont fortement dégradées, avec un accès limité aux services de base, notamment l’eau potable et l’assainissement. Les habitants lancent un appel urgent aux autorités pour une assistance humanitaire.
L’année dernière, une opération de déplacement de ménages avait été initiée, mais elle n’a pas été bien accueillie par une partie de la population. Certains sinistrés sont même retournés dans les zones à risque malgré les dangers.
Face à cette situation récurrente, les habitants estiment qu’une solution durable s’impose. Ils réclament notamment la construction d’une digue, une promesse qui, selon eux, tarde encore à se concrétiser.