Certains habitants de la commune Mukaza, en province de Bujumbura, saluent la qualité des services rendus par les autorités administratives locales. Toutefois, d’autres citoyens déplorent un manque de contact direct avec l’administrateur communal. Ils affirment ne jamais avoir rencontré l‘administrateur communal. Ceux-ci estiment qu’il reste des efforts à fournir, notamment en matière de proximité et de transparence.

Dans plusieurs quartiers de la commune Mukaza, des citoyens expriment leur satisfaction quant à la collaboration avec les autorités de base. Ils soulignent notamment le rôle des chefs de quartier, qui facilitent la transmission des dossiers vers l’administration communale.
« Les chefs du quartier nous aident souvent à transmettre nos dossiers auprès de l’administrateur si nous ne pouvons pas y accéder », confie un habitant.
Même constat du côté des responsables locaux. Faustin Kamuri, chef du quartier Rweza, en zone Rohero, affirme que les élus de proximité entretiennent de bonnes relations avec la population. « Nous servons la population et collaborons bien entre nous », indique-t-il.
Malgré ces appréciations positives, certains citoyens déplorent un manque de contact direct avec l’administrateur communal. Plusieurs affirment ne jamais l’avoir rencontré.
« Je n’ai jamais vu l’administrateur. Il faudrait qu’il organise des visites pour recueillir nos préoccupations », témoigne un résident.
Ces préoccupations sont partagées par Jean-Marie Hakizimana, représentante de l’organisation Concern for Children in Prison. Selon elle, les doléances des citoyens sont légitimes, mais doivent être replacées dans le contexte des récentes réformes administratives.
« Les communes sont aujourd’hui plus étendues qu’auparavant. Cela rend difficile pour la population de connaître directement l’administrateur », explique-t-elle, tout en soulignant l’importance du rôle des chefs de colline pour orienter les citoyens.
Les autorités évoquent une collaboration renforcée
De son côté, Aline Bigirimana,administratrice communale de la commune Mukaza affirme que la collaboration avec les responsables locaux est effective. Elle indique que des réunions sont régulièrement organisées pour renforcer la communication avec la population.
« Nous collaborons étroitement avec les administratifs de base et organisons des réunions communautaires dans toutes les zones afin d’informer la population sur la décentralisation », précise-t-elle.
Elle rappelle également que certains services ont été délégués aux échelons inférieurs, notamment aux chefs de zone, afin de rapprocher l’administration des citoyens et de limiter les déplacements vers la commune.
Malgré ces efforts, des défis persistent. Faustin Ndikumana, président de la PARCEM (Parole et Action pour le Réveil des Consciences et des Mentalités), met en garde contre certaines pratiques au sein de l’administration communale.
Selon lui, des cas de perception illégale de fonds sont encore signalés. « La loi encadrant les taxes communales est claire, mais certains administrateurs s’arrogent le droit de percevoir des fonds indus », déplore-t-il.
Il appelle à un renforcement des capacités et à une meilleure vulgarisation des lois anticorruption.
Conformément à la loi communale, l’administrateur représente l’État au niveau de la commune et est chargé de faire appliquer les lois et règlements. L’article 42 précise qu’il exerce un pouvoir hiérarchique sur l’ensemble des agents relevant de sa circonscription.