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Justice : l’impunité des discours de haine inquiète les jeunes de Bujumbura

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Des jeunes de la capitale économique déplorent l’absence de sanctions contre les auteurs de propos haineux. Avocats et citoyens appellent le ministère public à s’autosaisir pour enrayer le phénomène.

« Il est rare de voir des personnes sanctionnées pour des propos incitant à la haine, même lorsque personne ne porte plainte » C’est le constat amer que dressent plusieurs jeunes de Bujumbura interrogés sur la question.

« Dans la pratique, je n’ai jamais entendu de tel cas« , témoigne l’un d’eux. « Il y a un seul cas où on a pu entendre qu’une dame a été punie à cause de certains propos haineux contre un certain nombre de femmes. »

Pour ces jeunes, cette impunité s’explique par le fait que les institutions judiciaires ne remplissent pas correctement leurs missions. Ils estiment pourtant que des sanctions sont nécessaires pour réduire la propagation des discours de haine.

L’autosaisine du ministère public, un levier sous-exploité

L’autosaisine du ministère public peut réduire la prolifération de ces messages haineux« , explique un jeune. « Lorsqu’on est visé dans des messages haineux ou des propos divisionnistes, une personne victime peut avoir peur de porter plainte ou peut laisser tomber. »

Selon lui, l’intervention d’office du parquet est capitale, car ces messages visent souvent des catégories entières de personnes. « Ce serait lutter contre certaines agressions raciales provoquées par ces messages haineux propagés sur les réseaux sociaux, dans la société, dans la vie de tous les jours. »

Ferdinand Dior Remesho, avocat près la Cour d’appel de Bujumbura situe ce phénomène d’impunité entre manque de moyens ou manque de volonté. Il estime que la justice ne s’autosaisit pas à cause du manque de moyens, ce qui a des conséquences dans la société.

« Le problème majeur, c’est que le ministère de la Justice ou ses institutions peuvent se dire qu’elles n’ont pas de moyens pour poursuivre ces infractions et donnent la priorité à d’autres affaires qu’elles jugent plus urgentes », analyse-t-il.

Mais pour l’avocat, le manque de ressources n’explique pas tout : « C’est aussi un manque de volonté, un manque d’activation des dispositions légales qui reconnaissent au ministère public le droit de mener ces actions. »

pour inverser la tendance, Me Ferdinand Dior Remesho encourage les responsables judiciaires à se référer systématiquement aux articles 97 et 102 du Code de procédure pénale. Il précise que ces dispositions permettent au ministère public d’agir d’office et garantissent le bon fonctionnement de la justice.

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