Des acteurs politiques dénoncent le recours aux discours de dénigrement et aux chansons visant les adversaires pendant la période de campagne électorale. Ils appellent à privilégier les projets de société plutôt que les attaques personnelles. L’expert en résolution pacifique des conflits trouve que ce genre de propos risque d’exacerber les tensions au sein de la population.

Selon plusieurs responsables politiques, certains militants et dirigeants, en présentant leurs programmes, s’en prennent à ceux qui ne partagent pas leurs opinions. L’objectif : rabaisser l’autre pour se mettre en valeur. « C’était semer la terreur, mais aussi décourager les autres compétiteurs pour qu’ils abandonnent », confie un acteur politique.
Pour ces responsables, ce comportement traduit un manque de vision. « C’est d’abord une faiblesse, un manque d’arguments. Au lieu de vendre le projet de société et le programme qui est sa mise en œuvre, les gens préfèrent s’adonner à des calomnies, à des médisances pour semer le doute et montrer que l’autre est toujours mauvais », expliquent-ils. Et de citer Jean-Paul Sartre : « L’enfer, c’est toujours l’autre ».
Un langage qui diabolisant crée des tensions
Chartier Niyungeko, expert en résolution pacifique des conflits, met en garde contre ces propos : « Dans un pays marqué par un passé douloureux, de tels discours constituent un facteur de division sociale et risquent d’exacerber les tensions au sein de la population ». Il précise qu’un langage qui diabolise les autres, un langage qui ne valorise pas les autres, crée d’abord des tensions au sein des différents groupes sociopolitiques. Après les tensions, il y a même des violences qui peuvent s’en suivre. Pour l’expert, ces violences sont verbales, physiques, jusqu’à des pertes en vie humaine. Il peut y avoir même des cas de fuite comme il l’explique.
Pour l’expert, les responsables politiques devraient développer une vision commune de l’avenir. En d’autres mots, il faut être objectif. Niyungeko insiste que là on sous-entend une vision d’un avenir meilleur souhaité pour tous les citoyens, pour tout le pays. Quand on a une vision, il est facile d’éviter des langages violents dans la lutte politique.
Chartier Niyungeko recommande aussi un suivi rigoureux des institutions étatiques. Elles devraient, selon lui, sanctionner toutes les personnes qui recourent à des discours de haine, de division ou susceptibles de fragiliser la cohésion sociale pendant les campagnes électorales.