Suivez Bonesha fm En Direct

La bonne gouvernance en péril, des voix s’élèvent

Facebook
Twitter
LinkedIn
WhatsApp

Certains politiciens et organisations de la société civile dénoncent l’absence de bonne gouvernance au Burundi, pointant du doigt l’impunité dont jouissent les corrompus ainsi que le manque de transparence dans les actions gouvernementales. Selon eux, cela constitue un frein au développement du pays. De son côté, l’OLUCOME estime que le niveau de transparence des activités gouvernementales ne dépasse pas 17 %.

Ce mercredi 10 décembre, lors des 16 jours de la campagne contre la corruption organisée par l’OLUCOME, un des anciens présidents de l’Assemblée nationale, a déclaré qu’aucun signe de bonne gouvernance n’est visible au Burundi, au vu des malversations économiques persistantes et des pratiques douteuses par lesquelles certains politiciens accèdent au pouvoir.

Léonce Ngendakumana exprime : « L’exemple est le mode d’accès au pouvoir. Si on constate comment les élections se sont déroulées, on constate qu’ils se sont marquées par une fraude indescriptible. Ainsi, lorsque les institutions sont mises en place à travers la fraude, il devient difficile de leur demander des comptes en matière de redevabilité. »

 Selon lui, cette situation favorise notamment la corruption: « Cela favorise donc la corruption, le détournement et le gaspillage des ressources. Regardez même la gouvernance dans les écoles. Aujourd’hui, un enseignant peut se faire battre par un élève. Il n’y a aucun signe de bonne gouvernance au Burundi. »

De son côté, le professeur Jean-Claude Bitsure dit que l’impunité des corrompus figure parmi les obstacles à la bonne gouvernance.

« Parmi les défis de la bonne gouvernance, figure l’impunité. Lorsqu’une personne commet des infractions sans être punie, il répète encore une fois cette même erreur sans crainte des conséquences. Il y a aussi des personnes qui n’osent pas prendre des décisions par crainte d’être destituées à cause des pressions politiques. À cela s’ajoute le manque de transparence au sein de plusieurs institutions de l’État. »

 Selon Ernest Ndikumukama, expert en bonne gouvernance, un des moyens les plus fiables pour atteindre la bonne gouvernance serait d’améliorer les conditions de vie des fonctionnaires en augmentant leurs salaires.

« Les salaires des fonctionnaires de l’État ne leur permettent pas de subvenir convenablement à leurs besoins. Il est difficile pour un employé de bien servir quand il a faim. Par contre, il devient facile pour lui d’accepter un pot-de-vin, sachant que de nombreuses urgences financières l’attendent à la maison. »

 Olucome : « l’efficacité gouvernementale est estimée à 23 %. »

L’observatoire Olucome annonce que le Burundi se situe à un niveau de 17% en matière de transparence et recommande le gouvernement de redoubler d’efforts pour améliorer la bonne gouvernance.

Gabriel Rufyiri, président de l’OLUCOME, déclare : « L’article 69 de la Constitution précise qu’aucun individu n’a le droit de détourner les fonds publics. Son deuxième alinéa stipule que chaque Burundais a le devoir de les protéger. Imaginez si tous les citoyens connaissaient cela, qui oserait encore applaudir un détourneur de fonds ? Même s’il s’agissait d’un ministre, on aurait le courage de le qualifier de voleur. »

 Il révèle que l’efficacité du gouvernement est actuellement estimée à 23 %, une situation qu’il juge préoccupante : « L’État lui-même reconnaît être en difficulté. Je doute même que certains dirigeants connaissent réellement ce que stipule la Constitution, car s’ils en étaient conscients, ils ne poseraient pas les actes inappropriés que nous observons aujourd’hui. » 

 Il appelle les autorités burundaises à prendre conscience de la gravité de la situation afin de favoriser un changement positif et durable dans la gouvernance du pays.

Facebook
Twitter
LinkedIn
Pinterest
Pocket
WhatsApp

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *