Certains acteurs politiques et civiques déplorent que certains dirigeants du pays n’ouvrent pas la voie à la population pour qu’elle puisse exprimer librement ses opinions, ce qui pourrait conduire aux actes de violences. Ces acteurs estiment que de tels comportements sont motivés soit par la peur que la vérité ne soit révélée, soit par un sentiment de supériorité. Ils proposent, à cet effet, la mise en place de formations en renforcement des capacités en leadership à l’intention des dirigeants.

D’après Ernest Nahimana, vice-président du parti de Rwagasore (UPRONA), certains responsables administratifs ou politiques qui n’accordent pas la liberté d’expression aux citoyens, qui les intimident à s’exprimer agissent par sentiment de supériorité.
« Certains le font pour montrer qu’ils sont supérieurs aux autres, tandis que d’autres le font par peur, craignant que ceux-ci puissent les dominer. »
Le parti UPRONA trouve qu’il serait préférable que les dirigeants changent de langage : « Il faut changer le langage et traiter tout le monde de la même manière. D’autre part, chaque personne ayant des responsabilités devant ses dirigeants doit utiliser un langage respectueux et ceux qui ont un comportement inapproprié doivent être sanctionnés », dit-il.
RANAC : « Ils ont peur que la vérité éclate. »
De son côté, Jeanne Nindorera, secrétaire générale adjointe du parti RANAC, estime que les responsables qui empêchent les gens de s’exprimer librement agissent parfois par peur que la vérité ne soit révélée.
« Il y en a qui veulent rester au pouvoir, d’autres qui ont peur que la vérité soit révélée, et d’autres encore qui cherchent à prouver qu’ils sont capables, au point qu’ils interdisent les autres à s’exprimer. »
Mme Nindorera ajoute que lorsque ce langage d’intimidation est utilisé sur le long terme, il ne fait qu’aggraver la situation, laquelle peut par la suite conduire à des actes de violence dans le pays, notamment les manifestations: « Akataretse kaba gasema. »
OLUCOME : « De tels actes peuvent conduire à la guerre. »
Gabriel Rufyiri, président de l’OLUCOME, quant à lui estime que le langage qui empêche les autres de présenter leurs opinions peut conduire à la guerre.
« Il est donc nécessaire de mettre en place des enseignements pour faire comprendre aux gens que ce qui s’est passé dans le pays laisse des blessures tant chez la population que chez les dirigeants et que cela a des conséquences liées à leur manière de se comporter ou de parler. »
Selon Rufyiri, les dirigeants devraient être formés par des spécialistes en leadership afin d’acquérir les compétences nécessaires pour diriger les autres de manière responsable. Cependant, il ajoute que les citoyens aussi doivent bénéficier d’une formation en savoir-être pour un bon comportement et langage devant leurs dirigeants.