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65 ans après l’assassinat de Rwagasore : l’UPRONA réclame la vérité

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Soixante-cinq ans après l’assassinat du prince Louis Rwagasore, le Burundi reste confronté aux défis de la justice historique, de l’unité nationale et du développement. Lors des commémorations organisées ce mardi 13 octobre à Bujumbura, le président de l’UPRONA, Olivier Nkurunziza, appelle la Belgique à contribuer à l’établissement de la vérité sur cet assassinat. De son côté, la Maison royale exhorte les jeunes à préserver l’unité et l’intégrité nationales, tandis que la PARCEM plaide pour un leadership capable de garantir la justice, de mener des réformes et de favoriser le développement durable.

Les cérémonies commémoratives ont débuté sur la colline de Vugizo, dans la commune de Mukaza, province de Bujumbura, où se trouve le mausolée du héros national. Le président de la République, Évariste Ndayishimiye, y a déposé une gerbe de fleurs en hommage au prince Louis Rwagasore.

Plusieurs hautes personnalités ont pris part à ces cérémonies. Il s’agit notamment des présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, du Premier ministre, du vice-président de la République et de l’ancien chef de l’État Sylvestre Ntibantunganya. Des conjointes d’anciens présidents, dont Laurence Ndadaye et Denise Nkurunziza, ainsi que des représentants de la société civile et d’autres personnalités étaient également présents.

L’UPRONA réclame la vérité sur l’assassinat

À l’occasion de cette commémoration, Olivier Nkurunziza, président du parti UPRONA, a insisté sur la nécessité d’établir la vérité et de rendre justice concernant l’assassinat du prince Louis Rwagasore. Selon lui, les commanditaires et les responsabilités historiques de cet acte n’ont jamais été pleinement établis ni assumés.

Il estime que la Belgique, qui a joué un rôle majeur dans l’histoire du Burundi à cette époque, devrait contribuer à faire la lumière sur les événements et reconnaître, le cas échéant, les responsabilités qui lui incombent. Pour Olivier Nkurunziza, une démarche sincère de vérité, de reconnaissance, de demande de pardon et de réconciliation pourrait contribuer à renforcer les relations entre les peuples burundais et belge, dans le respect de la mémoire des victimes et de la dignité des nations.

Le président de l’UPRONA a également rappelé les idéaux défendus par le prince Louis Rwagasore après la victoire électorale de son parti en 1961. Le héros de l’indépendance avait alors souligné que cette victoire devait être celle de la démocratie, de la paix, de l’ordre et de la justice sociale.

Dans son discours, Rwagasore avait insisté sur la nécessité de trouver des solutions aux problèmes économiques et fonciers, ainsi qu’aux défis liés à l’émancipation sociale de la population. Il avait aussi appelé à garantir la sécurité de tous les citoyens et à sanctionner les responsables d’actes répréhensibles, sans distinction.

Il avait exhorté les membres de l’UPRONA à faire preuve de courtoisie, de tolérance et de respect envers leurs adversaires, afin que les comportements individuels ne compromettent ni l’honneur du parti ni l’avenir du pays.

La Maison royale appelle les jeunes à préserver l’unité

De son côté, le prince Ildefonse Rugema Rwigemera, représentant de la Maison royale du Burundi, a invité les jeunes à consolider et à préserver l’unité nationale ainsi que l’intégrité du pays.

Il a rappelé que le prince Louis Rwagasore avait consacré sa jeunesse à la lutte pour l’indépendance. Son engagement, a-t-il souligné, montre que l’amour de la patrie se traduit par le courage, le sens des responsabilités et la volonté de servir l’intérêt commun.

Pour le représentant de la Maison royale, l’unité nationale ne doit pas rester un simple souvenir de la lutte pour l’indépendance. Elle doit être une valeur vécue au quotidien dans les familles, les communautés et les relations entre citoyens.

Il a encourage les Burundais à dépasser les différences d’origine, de région et de condition sociale pour privilégier leur appartenance commune à la nation.

Selon lui, le meilleur hommage à rendre au prince Louis Rwagasore, 65 ans après sa disparition, consiste à faire vivre son idéal d’unité nationale. Si l’indépendance constitue un héritage historique, a-t-il rappelé, la préservation de l’unité demeure une responsabilité pour chaque génération.

L’Église appelle à la foi et à la réconciliation

Lors de l’homélie célébrée à la cathédrale Regina Mundi, Monseigneur Anatole Rugerinyange, vicaire de l’archidiocèse de Bujumbura, a exhorté les Burundais à rester fidèles à la foi chrétienne et à renoncer aux comportements contraires aux valeurs morales.

Selon lui, l’abandon de la foi peut conduire à des actes tels que la violence, la corruption, l’injustice, la haine et le refus du pardon. Il a également mis en garde contre les divisions qui opposent les citoyens.

Le prélat rappelle que, malgré les épreuves traversées, le prince Louis Rwagasore n’avait pas renoncé à ses convictions. Il a invité les Burundais à suivre cet exemple en cultivant un cœur pur, en respectant les autres et en privilégiant la paix et la réconciliation.

Il a appelé à mettre fin à la haine et aux violences afin de construire une société fondée sur l’unité, la justice sociale et le progrès.

La PARCEM plaide pour un leadership transformationnel

Pour sa part, Faustin Ndikumana, directeur national de la Parole et action pour le réveil des consciences et l’évolution des mentalités (PARCEM), estime que le Burundi a besoin d’un leadership transformationnel pour progresser vers le développement durable.

À ses yeux, cette commémoration doit aussi servir à réfléchir au rôle du leadership dans le développement économique et la stabilité politique. Il estime qu’un leadership fort doit être capable d’engager des réformes nécessaires, de transformer les mentalités et de garantir la justice ainsi que l’égalité de tous devant la loi.

Faustin Ndikumana insiste également sur l’importance de l’exemplarité, du respect de la vie et de la lutte contre l’enrichissement illicite. Il considère que le pouvoir ne doit pas être recherché pour des intérêts personnels, mais exercé au service de la population.

Il en appelle ainsi à un leadership capable de conduire les réformes, de résister aux intérêts particuliers et de faire respecter les lois sans favoritisme.

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