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Bujumbura : un journaliste d’Isanganiro tabassé par des policiers

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Passé à tabac puis détenu dans la nuit du 28 juillet 2026 au poste de police de la SOGEMAC à Bujumbura, le journaliste de la Radio Télévision Isanganiro, Alexis Ndayisenga, accuse des policiers de l’unité GEMIR de torture. Si la direction d’Isanganiro et l’association ALUCHOTO exigent des poursuites immédiates en flagrance, la police reconnaît les faits, parle d’un « acte isolé » et promet des sanctions après enquête.

Les faits se sont produits au terminus des bus desservant le sud de la capitale économique, près de l’ancien marché central communément appelé SOGEMAC. Alexis Ndayisenga rentrait de son service après avoir présenté le journal de 19 heures en kirundi. Alors qu’il attendait un véhicule de transport en commun, il est monté à bord avec d’autres passagers.

Selon son témoignage, un policier en tenue civile, membre de l’unité d’intervention rapide GEMIR, leur a ordonné de descendre. Le journaliste dit lui avoir demandé de les laisser à bord et de cesser de malmener les citoyens. En réponse, le policier lui aurait asséné deux coups de bâton avant d’ordonner son transfert au poste de police de la SOGEMAC.

Des sévices au poste de police

Au poste, la situation se serait aggravée. Alexis Ndayisenga affirme avoir été roué de coups. « Alors que je criais au secours, un policier a ordonné qu’on me verse de l’eau pour que les coups de bâton me fassent plus mal », raconte-t-il.

Il dit souffrir aujourd’hui de douleurs au cou et avoir des difficultés à s’asseoir. Il ajoute que ses agresseurs, après l’avoir battu, lui auraient demandé de ne pas poursuivre l’affaire, voire réclamé de l’argent, justifiant leurs actes par leur méconnaissance du métier de journaliste.

Sa libération n’est intervenue qu’après l’intervention d’un responsable policier en poste sur les lieux, qui aurait condamné ces violences.

Isanganiro exige justice

La direction de la Radio Télévision Isanganiro condamne fermement cette agression. Charles Makoto, directeur de ce média privé, déplore qu’un journaliste ait été violenté par ceux-là mêmes chargés d’assurer sa sécurité : « La radio-télévision condamne sans réserve toute forme d’intimidation, de violence et de traitement inhumain et dégradant à l’encontre des journalistes », fait-il savoir.

Charles Makoto rappelle que la carte professionnelle délivrée par le CNC garantit au journaliste la protection des forces de sécurité lorsque sa sécurité est menacée. Il demande que la justice fasse son travail.

Joint au téléphone par Isanganiro, Léopold Ndayishimiye, porte-parole de la police burundaise, confirme les faits qu’il qualifie d’« acte isolé ». Il assure que les enquêtes se poursuivent et que le fautif sera sanctionné s’il est établi. « La police ne peut pas cautionner un tel comportement », a-t-il déclaré.

ALUCHOTO demande des enquêtes urgentes

L’Association pour la lutte contre le chômage et la torture (ALUCHOTO) s’indigne également du traitement réservé à ce journaliste. Vianney Ndayisaba, coordinateur de cette plateforme, condamne avec la dernière énergie les actes de torture infligés au journaliste.

L’organisation dénonce une arrestation arbitraire suivie de tortures au poste de police, des manœuvres contraires à la loi. Elle recommande au ministère en charge de la Sécurité publique de clôturer d’urgence les enquêtes et de traduire les auteurs en justice. Elle demande au ministère de la Justice ainsi qu’au Procureur général de la République de se saisir du dossier en procédure de flagrance. Selon M. Ndayisaba, cet acte fait gravement tort à l’image du Burundi.

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