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Gitega : le manque de bancs-pupitres pénalise les élèves

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Le manque de bancs-pupitres reste préoccupant dans plusieurs écoles de la commune de Gitega, où des dizaines d’élèves doivent encore se partager un même banc. À l’école fondamentale de la Paix de Mumba, 97 élèves de première année disposent de seulement 11 bancs-pupitres. Alors que 2 400 des 3 600 bancs prévus dans le cadre de la politique « zéro enfant mal assis en classe » sont déjà disponibles, l’OLUCOME dénonce, de son côté, le silence et l’inaction des autorités face à ce problème et à d’autres difficultés qui persistent dans le pays.

À l’école fondamentale de la Paix de Mumba, la situation reste particulièrement préoccupante. Cet établissement accueille 364 élèves, de la première à la septième année, mais ne dispose que de 56 bancs-pupitres.

La directrice de l’établissement, Pulchérie Nshimirimana, cite notamment le cas de la première année, qui compte 97 élèves pour seulement 11 bancs-pupitres. Jusqu’à neuf enfants doivent ainsi partager un même banc.

Selon la directrice, cette situation rend difficile la prise de notes et complique également les exercices de lecture, notamment lorsque plusieurs élèves doivent utiliser le même livre. Elle estime que ces mauvaises conditions d’apprentissage ont également des répercussions sur les résultats scolaires des enfants.

Face à cette situation, la direction de l’école a déjà exprimé un besoin urgent d’environ 100 bancs-pupitres.

2 400 bancs-pupitres déjà disponibles sur les 3 600 prévus

Le problème ne concerne pas uniquement l’école fondamentale de la Paix de Mumba. À l’école fondamentale de Rangi I, le directeur Emmanuel Nibizi indique avoir également adressé une demande d’une centaine de bancs-pupitres, mais celle-ci n’a pas encore été satisfaite.

Dans les établissements situés au centre-ville de Gitega, les conditions seraient relativement meilleures. Toutefois, certains responsables scolaires demanderaient aux parents des contributions allant de 50 000 à 80 000 francs burundais pour l’achat de bancs-pupitres, une situation qui suscite le mécontentement de certains parents. Le directeur communal de l’enseignement à Gitega, Jean Nepomucène Ndayavugwa, indique que sur les 3 600 bancs-pupitres prévus dans le cadre de la politique visant à mettre fin au phénomène des enfants mal assis en classe, 2 400 ont déjà été fabriqués. Il explique que l’acheminement des bancs-pupitres depuis les lieux de fabrication vers les établissements bénéficiaires constitue notamment une difficulté.

Jean Nepomucène Ndayavugwa évoque également l’annulation de certains marchés de fabrication de bancs-pupitres destinés à des écoles de l’ancienne commune de Giheta, en raison de difficultés liées aux procédures de passation des marchés.

Selon les données communiquées par le responsable communal de l’enseignement, la commune de Gitega compte environ 550 écoles pour un besoin estimé à 15 340 bancs-pupitres.

Pour le président de l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques (OLUCOME), Gabriel Rufyiri, ces difficultés illustrent des problèmes plus larges de gouvernance. S’exprimant lors d’une conférence de presse ce jeudi, il dénonce ce qu’il considère comme le silence et l’inaction des autorités face à plusieurs problèmes auxquels la population est confrontée.

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