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Burundi: Des voix alertent sur la situation des burundais en situation irrégulière au Kenya

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L’Observatoire national pour la lutte contre la criminalité transnationale, ONLCT « Où est ton frère ? » et l’ALUCHOTO se disent fortement préoccupés par la situation des ressortissants burundais en situation irrégulière au Kenya. Ces organisations affirment que plusieurs centaines de Burundais auraient été arrêtés et que des dizaines d’autres auraient perdu la vie dans des circonstances qui restent, selon elles, à éclaircir. Elles appellent les autorités kényanes à respecter les droits des migrants et exhortent le gouvernement burundais à intervenir auprès de Nairobi.

Selon une enquête que l’ONLCT dit avoir menée discrètement sur le terrain, 234Burundais en situation irrégulière auraient déjà été arrêtés et emprisonnés au Kenya. L’organisation affirme également que 73 Burundais en situation irrégulière auraient été tués jusqu’à présent par des personnes non encore identifiées. Elle évoque des mobiles qui pourraient être, selon ses informations, d’ordre économique ou politique.

L’ONLCT avance par ailleurs ses propres estimations sur la présence des ressortissants burundais au Kenya. Selon ces chiffres, plus de 344 000 Burundais résideraient actuellement dans ce pays.

Parmi eux, environ 30 000 disposeraient de documents de séjour réguliers, tandis que plus de 314 000 seraient en situation irrégulière, faute de documents de séjour.

Pour Prime Mbarubukeye, président et représentant légal de l’ONLCT « Où est ton frère ? », le Kenya dispose certes du droit de contrôler son immigration. Toutefois, estime-t-il, les opérations de contrôle et de rapatriement doivent respecter les droits humains.

Il rappelle également que le Burundi et le Kenya sont tous deux membres de la Communauté d’Afrique de l’Est, EAC, et sont donc liés par les engagements de cette organisation régionale.

L’ONLCT appelle à des mesures individuelles et légales

Au regard de cette situation, l’Observatoire demande au gouvernement burundais d’intervenir auprès des autorités kényanes afin que les mesures prises contre les migrants soient appliquées individuellement, légalement et proportionnellement, dans le respect des engagements de la Communauté d’Afrique de l’Est.

De son côté, Vianney Ndayisaba, coordinateur de l’ALUCHOTO, appelle le président kényan William Ruto à revenir sur les propos qui pourraient, selon lui, favoriser la haine, la violence ou la discrimination à l’encontre des travailleurs migrants saisonniers.

Il estime que le Kenya a le devoir de protéger tous les étrangers présents sur son territoire, y compris les ressortissants burundais.

 Appels à des enquêtes indépendantes

L’ALUCHOTO appelle également les organisations régionales, continentales et internationales de défense des droits humains à suivre de près la situation.

Elle demande qu’une enquête indépendante et impartiale soit menée sur les déclarations et leurs éventuelles conséquences, et que les personnes responsables de violations graves des droits humains puissent répondre de leurs actes devant les juridictions compétentes.

L’organisation invite par ailleurs la Cour de justice de la Communauté d’Afrique de l’Est, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples ainsi que, le cas échéant, la Cour pénale internationale, à examiner la situation si les déclarations dénoncées venaient à se traduire par des actes de violence, de torture ou d’autres crimes relevant de leurs compétences.

Vianney Ndayisaba demande aux Nations-Unies, au Conseil de sécurité et au Conseil des droits de l’homme, d’examiner les mesures susceptibles de prévenir une éventuelle escalade et de garantir la protection des droits des travailleurs migrants.

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