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Burundi: les responsables politiques appelés à mieux écouter les opinions divergentes

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Le manque de tolérance envers les opinions différentes reste une préoccupation au sein de la classe politique burundaise. Des responsables de partis politiques et un expert en résolution pacifique des conflits appellent les dirigeants à privilégier l’écoute, la tolérance et une planification inclusive afin de prévenir les frustrations, les conflits et les tensions au sein de la société.

Certains responsables de partis politiques reconnaissent que les opinions divergentes ne sont pas toujours suffisamment prises en compte dans la conduite des affaires publiques. Pour eux, cette situation traduit notamment un manque de tolérance de la diversité des idées, avec des conséquences qui peuvent être lourdes pour la cohésion sociale et politique.

Jean de Dieu Mutabazi, président du parti RADEBU, dénonce cette tendance. Selon lui, l’exercice de la tolérance et de l’acceptation des idées différentes devrait être une exigence pour tout responsable.

« Cela arrive très souvent parce que cela demande un exercice auquel les dirigeants doivent s’adonner, c’est-à-dire la tolérance de la diversité des idées », explique-t-il.

Il estime que lorsque cette tolérance fait défaut, elle peut conduire à des pratiques autoritaires.

« Quand il y a l’intolérance de la diversité des idées, cela se remarque par la dictature », affirme Jean de Dieu Mutabazi.

Même constat du côté du parti FRODEBU. Son porte-parole, Sylvestre Bikorindagara, reconnaît que le refus d’accepter les opinions différentes constitue une réalité. Il l’explique notamment par une estime de soi parfois excessive.

Pour lui, contrairement aux domaines fondés sur des dogmes, notamment certaines religions, la politique devrait davantage reposer sur l’écoute et la confrontation pacifique des idées.

« En politique, on devrait plutôt écouter les autres. Il y a la question de trop d’estime de soi, de façon très, très exagérée », souligne-t-il.

Le risque de frustrations et de conflits

Ces responsables politiques mettent en garde contre les conséquences du manque d’écoute. Le rejet ou la marginalisation de certaines opinions peut, selon eux, provoquer de profondes frustrations et contribuer à l’apparition de tensions au sein de la société.

« Il y a la frustration dans la partie qu’on n’écoute pas. Et les conséquences peuvent être différentes mais très mauvaises », prévient Sylvestre Bikorindagara.

Il estime que certaines personnes, lorsqu’elles ne trouvent pas d’espace pour faire entendre leurs revendications de manière pacifique, peuvent être tentées de recourir à d’autres moyens, y compris la violence.

Une planification qui part de la base

Pour Rémy Sengiyumva, expert en résolution pacifique des conflits, un véritable leader doit être capable d’écouter les personnes qu’il dirige et de tenir compte de leurs préoccupations.

Il plaide notamment pour une planification à long terme, mais surtout inclusive, qui associe les populations concernées dès la conception des projets et des politiques.

Selon lui, l’une des erreurs commises par certains gouvernements consiste à élaborer des plans dans les bureaux avant de les imposer aux bénéficiaires :« L’erreur qui est encore une fois commise au niveau de plusieurs gouvernements, c’est de planifier au bureau et enfin imposer la planification aux bénéficiaires », déplore-t-il.

Pour cet expert, la démarche devrait plutôt commencer à la base, en consultant les populations afin d’identifier leurs véritables priorités.

« Deux individus qui vivent dans deux communes, même sur deux collines, les priorités ne sont pas les mêmes », rappelle Rémy Sengiyumva.

Il propose ainsi une approche allant de la base vers les niveaux supérieurs : des collines aux communes, puis aux provinces, avant d’aboutir à une planification nationale prenant en compte les réalités locales.

 

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