À Bujumbura, la perspective de fortes pluies associées au phénomène El Niño suscite de nouvelles inquiétudes au sein de la population. Face au risque d’inondations, de destructions d’habitations et de dégâts sur les infrastructures, des habitants appellent le gouvernement à renforcer dès maintenant les mesures préventives, notamment par la construction de caniveaux et de digues capables de canaliser les eaux vers le lac Tanganyika. De son côté, l’abbé Emile Ndayizigiye, président de la Commission épiscopale Justice et Paix, appelle à une mobilisation collective, insistant sur l’importance d’une bonne gestion des déchets pour limiter les conséquences de ces éventuelles intempéries.

Dans certains quartiers de Bujumbura, les habitants gardent en mémoire les conséquences des fortes pluies et des inondations. Ils expliquent que les eaux provenant des zones situées en amont peuvent rapidement se déverser dans les quartiers de la capitale, notamment à Buterere.
Selon eux, la construction de caniveaux suffisamment dimensionnés permettrait de mieux canaliser les eaux de pluie vers le lac Tanganyika et de limiter leur accumulation dans les zones habitées.
« L’État devrait prendre des mesures préventives en aménageant des caniveaux bien avant », témoigne un habitant. Il propose notamment la construction d’un réseau de caniveaux reliant les zones situées en hauteur au lac Tanganyika.
Les habitants citent également l’exemple de Gatunguru, où des aménagements ont été réalisés pour faciliter l’écoulement des eaux. Ils estiment que de telles infrastructures devraient être renforcées et étendues aux zones particulièrement exposées.
La peur des inondations
Pour les populations vivant dans les zones à risque, les conséquences des fortes pluies peuvent être lourdes. Des maisons peuvent être détruites, des ponts endommagés et des ménages envahis par les eaux.
Certains habitants affirment également que les inondations peuvent contraindre des familles à se déplacer et, dans les situations les plus graves, entraîner des pertes en vies humaines.
La situation devient particulièrement préoccupante lorsque les voies de communication sont coupées. Des habitants rapportent que certaines routes deviennent impraticables après de fortes pluies, compliquant ainsi les déplacements des populations.
La CEJP appelle à une responsabilité collective

Évoquant les risques liés au phénomène El Nino, l’abbé Emile Ndayizigiye, président de la Commission épiscopale Justice et Paix (CEJP), estime que la population doit se préparer à d’éventuels changements climatiques et à leurs conséquences.
Pour lui, certains facteurs aggravant les effets des catastrophes sont liés aux activités humaines. Il appelle donc la population et les autorités à agir sur les éléments qui peuvent être maîtrisés.
L’abbé Emile Ndayizigiye insiste notamment sur la nécessité d’une bonne gestion des déchets. Il encourage chaque citoyen à déposer les déchets, notamment les plastiques, dans les endroits prévus à cet effet.
Selon lui, une meilleure gestion des déchets peut contribuer à réduire les risques liés aux fortes pluies, notamment en évitant l’obstruction des caniveaux et des systèmes d’évacuation des eaux.
Au regard de ces risques potentiels, le président de la CEJP estime que la prévention ne doit pas être la seule responsabilité du gouvernement. La population doit également jouer son rôle pour limiter les conséquences des éventuelles catastrophes.
Il en appelle à une collaboration entre les autorités et les citoyens afin d’anticiper les risques, de renforcer les infrastructures d’évacuation des eaux et d’améliorer la gestion des déchets.