À l’occasion de la Journée internationale des lacs, l’attention se porte sur l’importance de ces écosystèmes pour le développement économique, la sécurité alimentaire et les communautés. Au Burundi, plusieurs lacs sont toutefois confrontés à une dégradation croissante liée aux activités humaines et aux effets du changement climatique.

Les lacs constituent des ressources naturelles essentielles au développement des pays. Ils fournissent de l’eau, favorisent la pêche, soutiennent l’agriculture et l’élevage et contribuent aux activités commerciales. Mais leur équilibre écologique est aujourd’hui de plus en plus menacé.
Selon des chiffres cités par les chercheurs, les espèces d’eau douce auraient diminué de 85 % au cours des cinquante dernières années. Les perspectives sont également préoccupantes : si les tendances actuelles se poursuivent, la pollution des lacs pourrait plus que doubler d’ici 2050.
Pour Innocent Banigwaninzigo, chercheur en environnement, ces données illustrent l’urgence de renforcer la protection des écosystèmes lacustres, aussi bien au niveau mondial qu’au Burundi.
Le lac Tanganyika sous forte pression
Au Burundi, les lacs sont notamment menacés par les activités humaines qui contribuent à leur dégradation. Le lac Tanganyika figure parmi les écosystèmes les plus exposés, alors qu’il joue un rôle majeur dans l’économie du pays.
Deuxième lac le plus profond du monde, le Tanganyika constitue un important réservoir d’eau douce pour la région. Au Burundi, il fait vivre des milliers de familles grâce à la pêche, contribue à l’approvisionnement de la capitale et soutient le commerce selon les propos du chercheur Banigwaninzigo.
Neanmoins, soutient –il, cette ressource subit une pression croissante, notamment à proximité des zones urbaines. La pollution plastique et les activités industrielles font partie des facteurs qui affectent progressivement la qualité de cet écosystème.
Le réchauffement de l’eau menace les écosystèmes
À ces pressions s’ajoutent les effets du changement climatique. L’augmentation de la température de l’eau constitue, selon le chercheur, un autre facteur de perturbation des écosystèmes lacustres.
Le réchauffement des eaux peut perturber la reproduction des poissons et modifier les conditions de vie de nombreuses espèces aquatiques. Ces changements risquent ainsi d’affecter directement les communautés qui dépendent de la pêche pour leurs revenus et leur alimentation.
Les lacs du Nord également menacés
La situation ne concerne pas uniquement le lac Tanganyika. Les lacs du Nord du Burundi, en l’occurrence le lac Cohoha, ainsi que d’autres plans d’eau, jouent eux aussi un rôle important pour l’agriculture, l’élevage et la sécurité alimentaire des populations locales.
Quant à Innocent Banigwaninzigo, ces lacs font face à plusieurs menaces, parmi lesquelles la pression démographique, le déboisement, le recul progressif des berges et l’ensablement. Ces phénomènes fragilisent les écosystèmes et réduisent leur capacité à répondre durablement aux besoins des communautés.
Au regard de ces défis, Innocent Banigwaninzigo appelle à une mobilisation accrue pour protéger les lacs. Il estime que les pouvoirs publics, la société civile et les partenaires financiers doivent conjuguer leurs efforts afin de préserver ces ressources.
Notons que le Burundi compte sept principaux lacs : Tanganyika, Cohoha, Rwihinda, Gacamirinda, Rweru, Kanzigiri et Dogodogo. Chacun joue, à des degrés différents, un rôle dans la vie économique et sociale des communautés.