Le Programme national de lutte contre les infections sexuellement transmissibles (IST) et les hépatites virales s’inquiète du faible taux de dépistage de l’hépatite B chez les femmes enceintes. Selon les données communiquées par le programme, seules 0,28 % des femmes reçues en première consultation prénatale ont été dépistées pour cette maladie.

Le dépistage de l’hépatite B chez les femmes enceintes demeure largement insuffisant au Burundi. C’est le constat dressé par le Dr Collin Kaze, responsable du Programme national de lutte contre les IST et les hépatites virales, qui appelle à renforcer le dépistage systématique dès les premières consultations prénatales.
Selon lui, le dépistage de l’hépatite B constitue un moyen essentiel de prévenir la transmission du virus de la mère à l’enfant. « Toute femme enceinte devrait systématiquement subir un dépistage de l’hépatite B », insiste-t-il.
Le responsable du programme déplore le faible niveau d’information de la population sur la prévention, le dépistage et la prise en charge des hépatites virales, notamment les hépatites B et C, qui peuvent évoluer vers des formes chroniques.
« Nous constatons que la population burundaise n’a pas l’information nécessaire en rapport avec la prévention, le dépistage et la prise en charge des hépatites virales », explique le Dr Kaze.
Il souligne particulièrement les conséquences des formes chroniques de ces maladies, qui peuvent entraîner de graves complications, notamment la cirrhose et le cancer du foie.
Dans le cadre des consultations prénatales, les femmes devraient notamment bénéficier d’un dépistage du VIH, de la syphilis et de l’hépatite B. Pourtant, le taux de dépistage de cette dernière reste extrêmement faible, avec seulement 0,28 % de femmes dépistées, selon les données présentées par le programme.
Des sites de dépistage et des équipements disponibles
Face à cette situation, les autorités sanitaires ont mis en place des sites de dépistage et de suivi à travers le pays. Pour les personnes vivant avec une hépatite chronique B ou C, des examens de la charge virale permettent notamment de déterminer le niveau de réplication du virus.
Le programme indique également avoir renforcé certains sites avec des appareils GeneXpert, afin de faciliter la réalisation des examens et d’améliorer l’accès au diagnostic dans différentes régions du pays.
« Pour que chaque patient dans toutes les régions ait facilement accès à cet examen de la charge virale pour les hépatites B et C, nous avons rendu disponibles des moyens de prise en charge », précise le responsable du programme.
La vaccination, principal moyen de prévention contre l’hépatite B
Le Dr Kaze appelle les Burundais à se faire dépister précocement et à privilégier la prévention. Il rappelle notamment que l’hépatite B peut être évitée grâce à la vaccination.
Pour les personnes déjà infectées par le virus de l’hépatite B et présentant une forme chronique nécessitant un traitement, la prise en charge vise notamment à réduire la charge virale. Le traitement peut cependant être poursuivi sur une longue durée, voire à vie selon la situation du patient.
L’hépatite C présente, quant à elle, une différence majeure : il n’existe pas encore de vaccin, mais des traitements antiviraux permettent aujourd’hui de guérir l’infection dans de nombreux cas.