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Agroalimentaire : les jeunes réclament du soutien

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Les jeunes entrepreneurs engagés dans la transformation des produits agricoles et de l’élevage font face à plusieurs obstacles qui freinent le développement de leurs activités. Manque d’équipements modernes, difficultés d’accès au financement et aux marchés, procédures d’autorisation jugées longues et faibles possibilités d’exportation sont autant de défis auxquels ils demandent des solutions adaptées.

 De nombreux jeunes se lancent dans la transformation des produits agricoles et d’élevage afin de créer leurs propres emplois et d’augmenter la valeur de leurs productions. Mais leurs activités restent limitées par le manque de matériel adapté.

Selon certains jeunes entrepreneurs, les petites unités de transformation utilisent encore des équipements rudimentaires, ce qui entraîne des pertes importantes et affecte la qualité des produits finis.

« Nous éprouvons des difficultés à trouver du matériel moderne. Nous devons recourir à des équipements en provenance de l’étranger, mais il n’est pas facile de s’en procurer », témoigne un jeune entrepreneur.

Il demande notamment des machines adaptées à la transformation ainsi que du matériel permettant de mieux conserver les produits.

Ces jeunes entrepreneurs évoquent également les difficultés liées à l’obtention des autorisations nécessaires à la commercialisation de leurs produits.

Ils expliquent que certaines démarches auprès du Bureau burundais de normalisation et de contrôle qualité (BBN) peuvent prendre plusieurs mois, retardant ainsi la mise sur le marché de leurs produits.

Pour ces entrepreneurs, ces délais représentent une perte de temps et d’argent, alors qu’ils doivent rapidement écouler leur production pour assurer la continuité de leurs activités.

Des difficultés d’accès au marché et au financement

L’accès aux marchés constitue également une préoccupation majeure. Ces jeunes affirment rencontrer des difficultés pour écouler leurs produits sur le marché national, mais aussi pour accéder aux marchés internationaux.

Le manque de financement est particulièrement pointé du doigt. Selon eux, les institutions financières restent réticentes à leur accorder des crédits, ce qui limite leur capacité à investir dans de nouveaux équipements et à augmenter leur production.

Les entrepreneurs demandent ainsi la mise en place de mécanismes de financement adaptés aux petites entreprises et aux jeunes qui souhaitent investir dans la transformation agroalimentaire.

La contrefaçon inquiète les entrepreneurs

Certains jeunes dénoncent par ailleurs l’imitation de leurs produits par d’autres personnes. Ils estiment que cette situation porte atteinte à leur réputation et peut entraîner une perte de confiance des consommateurs.

Ils appellent donc à un meilleur accompagnement et à des mesures permettant de protéger les produits fabriqués localement.

Ils souhaitent également l’organisation régulière de foires et d’expositions commerciales. Ces rencontres permettraient, selon eux, de faire connaître leurs produits, d’échanger des expériences avec d’autres entrepreneurs et de trouver de nouveaux débouchés.

Dans différentes régions du Burundi, de nombreux jeunes créent leurs propres emplois à travers l’agriculture, l’élevage et diverses activités génératrices de revenus. Certains vont jusqu’à transformer leurs productions au sein de petites unités.

Pour Jean-Marie Vianney Ndoricimpaye, expert en fiscalité et en droits des affaires et professeur d’université, les difficultés d’accès aux marchés et à l’exportation constituent encore des obstacles majeurs pour ces jeunes entrepreneurs.

Il estime toutefois que le Burundi dispose d’un important potentiel dans ce domaine, à condition de mettre en place des politiques adaptées.

Selon lui, les jeunes produisent, mais éprouvent des difficultés à vendre leurs produits en raison du manque de moyens financiers, de transports adéquats et d’accompagnement.

Le lac Tanganyika comme opportunité

L’expert estime que l’enclavement géographique du Burundi ne devrait pas être considéré uniquement comme une contrainte. Il pourrait, selon lui, être transformé en opportunité commerciale.

Il cite notamment le potentiel du lac Tanganyika comme voie pouvant contribuer au développement des échanges commerciaux, notamment pour l’importation et l’exportation des produits.

Dans un pays où l’agriculture occupe une place importante dans l’économie, il estime que le développement de la transformation agroalimentaire pourrait contribuer à augmenter les revenus des ménages, créer davantage d’emplois et générer des recettes pour l’État.

Renforcer les échanges avec les pays voisins

Jean-Marie Vianney Ndoricimpaye appelle au renforcement des relations diplomatiques et commerciales entre le Burundi et les autres pays.

Selon lui, une meilleure coopération régionale permettrait de faciliter l’accès des produits fabriqués par les jeunes Burundais aux marchés extérieurs et de favoriser les exportations.

Pour les jeunes entrepreneurs, un meilleur accès aux équipements, au financement, aux autorisations et aux marchés apparaît ainsi comme une condition essentielle pour permettre aux petites unités de transformation de se développer et de contribuer davantage à l’économie nationale.

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