Le port de chaussures fermées par les élèves, déjà observé dans les écoles de la province de Buhumuza, devrait progressivement s’étendre à l’ensemble des établissements scolaires du Burundi. Le ministre de l’Éducation nationale et de la Recherche scientifique, François Havyarimana, estime que cette mesure relève avant tout de l’éducation et de l’apprentissage de bonnes habitudes chez les enfants. De son côté, la SOJEPAE appelle à prévoir des mesures d’accompagnement afin que cette exigence ne constitue pas un obstacle à la scolarisation des enfants issus de familles démunies.

Lors du lancement de la rentrée scolaire dans la province de Buhumuza, le ministre de l’Éducation nationale et de la Recherche scientifique, François Havyarimana, a relevé que les élèves de cette province portent déjà des chaussures fermées, contrairement à ceux des autres provinces où cette pratique n’est pas encore généralisée.
Pour le ministre, cette situation ne signifie pas que Buhumuza est plus riche que les autres provinces. Il s’agit plutôt, selon lui, d’une question liée à l’éducation et à l’apprentissage de bonnes habitudes dès le jeune âge.
« Il s’agit plutôt d’une question d’éducation. Nous devons apprendre à nos enfants à adopter de bonnes habitudes dès leur jeune âge », a déclaré François Havyarimana.
Le ministre a également évoqué les conditions dans lesquelles les générations précédentes fréquentaient l’école, rappelant que les enfants allaient souvent pieds nus. Selon lui, ces pratiques doivent désormais évoluer en fonction des ambitions actuelles du pays.
« Lorsque nous allions à l’école, nous y allions pieds nus. Et ce n’est qu’après avoir réussi le concours que nos parents nous achetaient des chaussures. Aujourd’hui, nous avons une vision. Nous ne pouvons pas rester dans ces anciennes pratiques. Nous devons progresser », a-t-il expliqué.
La SOJEPAE demande des mesures d’accompagnement
Tout en reconnaissant l’intérêt de cette mesure en matière d’hygiène vestimentaire, David Ninganza, vice-président de la SOJEPAE, appelle le ministère de l’Éducation à tenir compte de la situation des familles démunies.
Il estime que toute nouvelle exigence imposée aux élèves doit être accompagnée de stratégies permettant d’éviter que certains enfants soient exclus de l’école faute de moyens financiers pour acheter les équipements demandés.
« C’est une décision qui va dans le sens de la promotion de l’hygiène, précisément de l’hygiène vestimentaire. Mais chaque fois qu’il y a des décisions, il faut qu’il y ait des stratégies et des mesures d’accompagnement », souligne David Ninganza.
Selon lui, certaines familles pourraient ne pas avoir les moyens d’acheter des chaussures fermées à leurs enfants. Il craint également que certains responsables scolaires puissent renvoyer à la maison les élèves qui ne seraient pas en mesure de respecter cette exigence.
La SOJEPAE demande ainsi au ministère de mettre en place des mécanismes visant à prévenir ce qu’elle qualifie de « déscolarisation institutionnelle ». L’objectif est d’éviter que des parents abandonnent la scolarisation de leurs enfants en raison des dépenses supplémentaires liées aux chaussures.
David Ninganza appelle également à éviter que des enfants quittent volontairement l’école parce qu’ils ne disposent pas des chaussures exigées, ou que des enseignants prennent l’initiative de les exclure des cours pour cette raison.