Dans la province de Gitega, la promotion des compostières s’intensifie pour réduire la dépendance aux engrais chimiques. Si de nombreux ménages ont déjà adopté cette pratique et reconnaissent ses avantages, certains restent confrontés à des difficultés liées au manque d’espace ou de matériaux pour les aménager.

En commune et province de Gitega, plusieurs habitants affirment avoir bénéficié d’une formation sur les techniques de construction des compostières afin de produire du compost destiné à fertiliser leurs champs. Toutefois, les dimensions des ouvrages varient d’un ménage à l’autre.
Certains indiquent avoir creusé des fosses de quatre mètres de longueur, deux mètres de largeur et deux mètres de profondeur, tandis que d’autres expliquent avoir suivi les recommandations portant sur des compostières de deux mètres de longueur et de largeur, avec une profondeur de 80 centimètres. Ceux qui ne sont pas en mesure d’effectuer les travaux eux-mêmes disent faire appel à des personnes capables de les aider.
Les habitants expliquent également que les compostières sont remplies de déchets biodégradables tels que les résidus végétaux et autres matières organiques. En revanche, les sachets en plastique et les bouteilles sont exclus, car ils ne se décomposent pas.
Le directeur provincial de l’agriculture et de l’élevage à Gitega, Jean-Séverin Sinzobatohana, précise que chaque ménage est encouragé à aménager trois compostières. Selon lui, chacune devrait mesurer quatre mètres de longueur, trois mètres de largeur et entre 60 et 80 centimètres de profondeur.
Il souligne également qu’une compostière ne doit pas être installée dans un bas-fond. La remontée de la nappe phréatique pourrait perturber la décomposition des matières organiques et compromettre le processus de minéralisation indispensable à la production d’un compost de qualité.
Selon ce responsable, une compostière bien aménagée permet d’obtenir un compost organique efficace pour améliorer la fertilité des sols.
Une alternative face au manque d’engrais chimiques
Sur la colline Rukoba, de la commune et province Gitega, les habitants affirment utiliser le compost organique pour pallier les pénuries récurrentes d’engrais chimiques.
Ils estiment que cette solution leur permet de maintenir la production agricole lorsque les fertilisants chimiques sont indisponibles. Pour eux, le compost constitue une alternative durable et accessible.
Malgré les bénéfices de cette pratique, plusieurs ménages disent rencontrer des difficultés. Certains disposent de parcelles trop exiguës pour y aménager une compostière, tandis que d’autres manquent de bois ou d’autres matériaux nécessaires à leur construction.
Le directeur provincial reconnaît ces contraintes mais encourage les agriculteurs à poursuivre leurs efforts. Il les invite à ne pas dépendre exclusivement des engrais chimiques et à exploiter davantage le potentiel des fertilisants organiques produits localement.
Lancée en date du 13 mai dernier, la campagne de promotion des compostières vise à renforcer l’autonomie des ménages face à la pénurie d’engrais chimiques. Selon Jean Séverin Sinzobatohana, près de 80 % des ménages de la province de Gitega disposent déjà d’au moins une compostière.