Suivez Bonesha fm En Direct

Suivez Bonesha fm En Direct

Burundi : des communautés musulmanes contestent leur intégration à la COMIBU

Facebook
Twitter
LinkedIn
WhatsApp

La Communauté islamique chiite du Burundi (CISIABU) et la Communauté sunnite du Burundi (COSUBU) demandent au ministre de l’Intérieur de revenir sur sa décision leur enjoignant de se conformer aux statuts de la Communauté islamique du Burundi (COMIBU). Les deux organisations estiment que cette mesure porte atteinte à la liberté de religion et d’association garantie par la Constitution.

Dans une correspondance datée du 4 août, la Communauté islamique chiite du Burundi (CISIABU) indique avoir accueilli avec contestation la décision du ministère de l’Intérieur. Son représentant légal, Khabib Ntibanyugwa, juge impossible de réunir sous une même organisation des communautés dont les divergences doctrinales remontent à plusieurs siècles.

Il explique que, bien que les chiites et les sunnites partagent les fondements de l’islam, notamment le coran, les cinq prières quotidiennes et le pèlerinage à La Mecque, ils divergent sur plusieurs aspects de la foi et des pratiques religieuses. Parmi ces différences figurent la succession du prophète Mohammed, la célébration du Mawlid ainsi que la commémoration de Karbala.

La cisiabu estime par ailleurs que la décision ministérielle est contraire à la Constitution burundaise, qui garantit la liberté de religion, d’association et la diversité des confessions religieuses. Elle affirme également n’avoir jamais participé à l’élaboration des statuts de la COMIBU et considère, de ce fait, qu’ils ne peuvent lui être imposés.

La COSUBU dénonce une ingérence dans les affaires religieuses

 

Dans une lettre datée du 3 août, la Communauté sunnite du Burundi Cosubu a également exprimé son opposition à cette décision. Son représentant légal, Claver Salim Nkeshimana, rappelle que le Burundi est un État laïc et que l’adhésion à une confession religieuse relève d’un choix libre et volontaire.

Selon lui, demander à la cosubu de mettre fin à ses activités pour rejoindre la COMIBU constitue une ingérence dans les affaires internes des confessions religieuses. Il souligne que la Cosubu cohabite pacifiquement avec la comibu depuis plus de vingt ans, sans jamais troubler l’ordre public.

La communauté rejette également l’idée selon laquelle tous les musulmans partageraient une même doctrine. Elle met en avant plusieurs différences de pratiques religieuses, notamment la célébration du mawlid, le zikr après les prières et la lecture du Hitma lors des cérémonies de deuil.

La cisiabu et la cosubu demandent au ministre de l’Intérieur de reconsidérer sa décision. Elles souhaitent pouvoir poursuivre leurs activités de manière indépendante, estimant que cette autonomie est conforme aux libertés de religion et d’association consacrées par la Constitution burundaise.

 

 

 

Facebook
Twitter
LinkedIn
Pinterest
Pocket
WhatsApp

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *