À l’approche d’épisodes de fortes pluies susceptibles de toucher le Burundi et plusieurs pays d’Afrique de l’Est sous l’influence du phénomène El Niño, les défenseurs de l’environnement tirent la sonnette d’alarme. Ils appellent les autorités à considérer les risques d’inondations et de glissements de terrain comme une question de sécurité publique, tout en renforçant les infrastructures et les mesures de prévention dans les zones les plus exposées.

Les fortes précipitations liées au phénomène El Niño pourraient accroître les risques d’inondations, de glissements de terrain et de dégâts matériels dans certaines régions du Burundi. Face à cette situation, l’organisation environnementale Build the World estime que la réponse des autorités ne devrait pas se limiter à la question du changement climatique, mais intégrer pleinement la protection des populations.
Pour Macédoine Nduwayo, président de Build the World, les conséquences potentielles d’El Niño concernent directement la sécurité des habitants, notamment ceux qui vivent dans des zones à risque et dans des conditions précaires.
La question d’El Niño ne devrait pas être considérée uniquement comme un phénomène lié aux pluies. Elle devrait également être envisagée comme une question de sécurité de la population, de protection des habitations, de préservation des vies humaines et de développement du pays. »
L’organisation appelle ainsi le gouvernement et ses partenaires à mobiliser les moyens nécessaires pour mieux protéger les populations exposées. La construction et l’aménagement de caniveaux figurent parmi les mesures proposées afin de faciliter l’évacuation des eaux de pluie et de réduire les risques d’inondations.
Identifier les zones à risque
Build the World plaide également pour une attention particulière aux régions les plus vulnérables aux effets des phénomènes météorologiques extrêmes. Selon Macédoine Nduwayo, il est nécessaire d’identifier les zones à risque et de prendre des mesures préventives avant que les fortes pluies ne provoquent des dégâts.
L’organisation recommande notamment de construire des caniveaux dans les endroits qui en sont dépourvus, y compris sur certaines collines, et de mettre à la disposition des populations les équipements nécessaires pour faire face aux intempéries.
La sensibilisation de la population constitue également une priorité. Les habitants des zones exposées devraient être informés des dangers liés aux pluies torrentielles, aux inondations et aux glissements de terrain afin de pouvoir prendre les précautions nécessaires.
Délocaliser les familles les plus exposées
Pour limiter les pertes humaines et matérielles, Build the World estime par ailleurs que les familles installées dans les zones particulièrement dangereuses devraient, lorsque cela est nécessaire, être délocalisées vers des endroits plus sûrs.
Cette démarche nécessiterait toutefois des moyens importants, alors que de nombreuses personnes vivant dans les zones à risque disposent de ressources limitées. D’où l’appel de l’organisation à une implication accrue du gouvernement et de ses partenaires dans les actions de prévention et de protection.
El Niño est un phénomène climatique naturel qui se produit principalement dans l’océan Pacifique tropical. Il se caractérise notamment par un réchauffement anormal des eaux de surface dans les parties centrale et orientale du Pacifique.
Ce phénomène peut modifier les régimes de précipitations dans différentes régions du monde. En Afrique de l’Est, il peut notamment être associé à des épisodes de pluies importantes, susceptibles d’entraîner des inondations, des glissements de terrain et d’importants dégâts matériels.