Dans le quartier Musave, en zone et commune de Kayanza, province de Butanyerera, la circulation de rumeurs et de discours incitant à la haine suscite des inquiétudes lors des périodes de troubles, notamment après des incendies dans les marchés. Face au risque de voir ces propos alimenter les accusations et les tensions entre différents groupes, les autorités locales et un sociologue appellent la population à la vigilance, à la vérification des informations et à la retenue avant toute accusation.

Selon des habitants du quartier Musave, les périodes de troubles, notamment lors d’incendies déclarés dans les marchés, peuvent favoriser la propagation de rumeurs et de discours incitant à la haine. Ces propos donnent parfois lieu à des accusations mutuelles entre différents groupes de personnes, sur fond de tensions sociales ou politiques.
Avec l’essor des réseaux sociaux et d’autres moyens modernes de communication, ces discours peuvent rapidement se propager. Leurs auteurs profiteraient notamment des périodes électorales et d’autres moments de forte tension pour diffuser des informations non vérifiées ou susceptibles d’exacerber les divisions au sein de la population.
Face à cette situation, les autorités locales multiplient les actions de sensibilisation. Silas Niyorugira, l’un des responsables du quartier Musave, indique que des réunions sont régulièrement organisées afin de prévenir la propagation de propos susceptibles de porter atteinte à la cohésion sociale.
Pour le sociologue Richard Nkunzimana, les périodes de troubles constituent un terrain particulièrement favorable à l’apparition de discours incendiaires. Selon lui, plusieurs catégories d’acteurs peuvent se retrouver en opposition, notamment les personnes ayant perdu leurs marchandises, celles qui détiennent le pouvoir et celles qui cherchent à l’obtenir.
« Quand il y a des problèmes de société, il peut y avoir la naissance de discours incendiaires, des discours qui créent de la haine et favorisent les accusations mutuelles », explique le sociologue.
Ces discours, poursuit-il, peuvent provoquer des mésententes au sein de la société et, dans certains cas, contribuer à l’émergence de conflits.
L’expert appelle ainsi la population à faire preuve de prudence face aux événements malheureux et à éviter de se laisser emporter par la colère ou la précipitation. Il déconseille notamment de relayer des informations dont l’origine ou la véracité n’ont pas été établies.