Dans la zone de Gihanga, commune de Mpanda, province de Bujumbura, 1 642 élèves auraient abandonné l’école au cours des deux dernières années pour exercer diverses activités, selon les estimations du Syndicat des travailleurs de l’enseignement du Burundi (STEB). Le syndicat juge la situation préoccupante et appelle à une mobilisation des parents, des enseignants et des autorités pour maintenir les enfants à l’école.

Le phénomène du travail des enfants continue de peser sur la scolarisation dans certaines localités de la province de Bujumbura. Selon le STEB, 1 642 élèves ont quitté les bancs de l’école dans la seule zone de Gihanga au cours des deux dernières années, afin de se consacrer à différentes activités.
Pour Rémy Nsengiyumva, président du STEB, cette situation est particulièrement préoccupante, rappelant que « la place de l’enfant est à l’école ». Le syndicat mène d’ailleurs un projet de lutte contre le travail des enfants dans les zones de Rukaramu, Gihanga et Ndava.
Dans le cadre de cette initiative, le STEB affirme avoir contribué, au cours des deux dernières années, à la récupération de 900 anciens enfants travailleurs à Gihanga, afin de les ramener sur le chemin de l’école.
Pauvreté et problèmes sociaux parmi les causes de l’abandon
Le directeur de l’école fondamentale de Murira, en zone de Mpanda, Zénon Ndayizeye, évoque plusieurs facteurs pouvant expliquer les abandons scolaires. Il cite notamment la pauvreté des familles, le manque d’intérêt de certains enfants pour les études ainsi que la séparation des parents.
Selon lui, certains problèmes sociaux auxquels sont confrontées les familles ont également des répercussions sur la fréquentation scolaire.
Du côté des responsables éducatifs, l’accent est mis sur le suivi des élèves. Johnson Nikobiri, responsable du service de l’éducation et de l’enseignement dans les écoles fondamentales et post-fondamentales de la province de Bujumbura, estime qu’un pays ne peut espérer progresser si son système éducatif n’avance pas.
Il appelle ainsi à un suivi régulier des élèves afin d’identifier à temps les risques d’abandon. Les directeurs d’écoles et les comités de gestion scolaire sont notamment invités à jouer un rôle actif dans le maintien des enfants à l’école, en collaboration avec l’administration et les parents.
Les responsables scolaires estiment également que chaque partie prenante doit assumer ses responsabilités pour éviter que les enfants ne soient orientés vers des activités qui compromettent leur scolarité.
Sur le plan juridique, Janine Sabiyumva, juriste au ministère du Travail, rappelle que la législation burundaise interdit l’emploi des enfants âgés de moins de 16 ans. Elle appelle les autorités administratives à veiller au respect de cette disposition et à prendre les mesures nécessaires contre les situations qui exposent les enfants au travail.