Les prix des loyers et des vivres flambent à Muyange. Des habitants de cette colline de Nyanza-Lac, en province Burunga, accusent l’arrivée massive de rapatriés de Tanzanie. Les autorités rappellent que tout Burundais a le droit de s’installer où il veut.

A Muyange, zone Muyange, commune Nyanza, province Burunga, des résidents se plaignent. Selon eux, les prix des loyers et des produits de première nécessité ont fortement augmenté ces dernières semaines. Ils pointent l’arrivée de nombreux rapatriés, notamment ceux qui ne sont pas originaires de la colline.
« Cette situation pourrait engendrer des problèmes à l’avenir », préviennent-ils. Ils appellent les autorités compétentes à trouver une solution. Désiré Mukunzi, conseiller du chef de la colline Muyange, confirme les faits. « La localité accueille actuellement de nombreux rapatriés, y compris des personnes qui ne sont pas originaires de la région », déclare-t-il.
Selon lui, cet afflux de population peut être à l’origine d’une hausse importante des prix des biens de première nécessité.
Une question de droit et de contexte
Pour Oscar Siyawezi, conseiller juridique de la commune Nyanza, la question se pose sous deux angles. « Premièrement, chaque citoyen burundais a le droit de vivre là où il le souhaite, conformément à la Constitution », rappelle-t-il.
« Deuxièmement, les rapatriés sont revenus dans des circonstances difficiles », explique-t-il. Par le passé, les opérations se déroulaient en saison sèche. Les rapatriés pouvaient chercher un endroit où s’installer, monter des abris provisoires ou fabriquer des briques.
« Cette fois-ci, ils sont rentrés pendant la saison des pluies et ont été contraints de louer des maisons », précise Oscar Siyawezi. Après des années d’exil, beaucoup ont retrouvé leurs anciennes habitations détruites.
Le conseiller juridique indique que cette situation a provoqué une hausse des loyers d’autant plus que le même phénomène avait déjà été observé en 2012.
Il ajoute que certaines personnes choisissent de s’installer dans ces localités après leur retour. Il conclut qu’en tant qu’administratifs à la base, ils ne peuvent pas les en empêcher, car ils n’en ont pas le pouvoir légal ̣̇