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Désertification : agir avant qu’il ne soit trop tard

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À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse, célébrée le 17 juin, les spécialistes de l’environnement appellent à une prise de conscience face à la dégradation accélérée des terres au Burundi. Ils estiment que ce phénomène met en péril la production agricole et, par conséquent, la sécurité alimentaire de la population.

 

Selon Innocent Banigwaninzigo, chercheur en sciences de l’environnement, la désertification et la sécheresse ne sont plus des risques lointains, mais une réalité qui se manifeste déjà dans plusieurs régions du pays. « Le Burundi n’est pas épargné. Les signes sont visibles à travers la dégradation sévère des collines, la vulnérabilité croissante des champs et les difficultés rencontrées par les agriculteurs », explique-t-il.

Le chercheur souligne que cette situation affecte aussi bien les cultures vivrières que les cultures d’exportation, notamment le café. Il ajoute que la forte pression démographique constitue l’un des principaux facteurs aggravants. Avec une densité dépassant 450 habitants par kilomètre carré, les terres agricoles sont de plus en plus sollicitées, ce qui accélère leur dégradation.

Une érosion qui appauvrit les sols

D’après Innocent Banigwaninzigo, l’érosion hydrique provoque chaque année d’importantes pertes de terres arables, particulièrement dans les régions montagneuses du pays. Cette situation entraîne un appauvrissement progressif des sols et une baisse des rendements agricoles. A titre d’exemple, il indique que dans la région naturelle de Mirwa, les pertes de terres cultivables peuvent atteindre jusqu’à 100 tonnes par hectare chaque année.

Par ailleurs, les changements climatiques accentuent les difficultés auxquelles font face les agriculteurs. Les périodes de sécheresse prolongée alternent désormais avec des pluies torrentielles, perturbant les saisons culturales et fragilisant davantage les exploitations agricoles.

Au regard de ces défis, Banigwaninzigo estime que des solutions existent, mais qu’elles nécessitent une mobilisation de tous les acteurs concernés.

Le chercheur appelle l’État, la société civile, le secteur privé ainsi que les médias à renforcer leurs efforts pour promouvoir des pratiques de gestion durable des terres, lutter contre l’érosion et améliorer la résilience des communautés face aux effets du changement climatique.

Selon lui, seule une action collective permettra de freiner la désertification et de préserver les ressources naturelles indispensables au développement du Burundi.

 

 

 

 

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