Des députés ont exprimé leurs inquiétudes concernant la situation de certains fonctionnaires affectés dans les nouvelles entités administratives issues du redécoupage territorial. Selon eux, plusieurs agents n’ont toujours pas perçu leur salaire depuis leur affectation, tandis que d’autres font face à des difficultés de logement et de déplacement.

Lors d’une séance questions-réponse adressées au gouvernement, plusieurs élus ont fait état des doléances formulées par des fonctionnaires affectés dans les nouvelles provinces et communes créées dans le cadre de la réforme administrative entrée en vigueur en juin 2025.
L’honorable Dieudonné a indiqué que certains de ces agents accusent le ministère des Finances d’être à l’origine du retard observé dans le paiement de leurs rémunérations. Il a notamment cité le cas d’anciens conseillers de gouverneurs des ex-provinces qui ont été redéployés dans les communes élargies et qui, selon lui, attendent toujours leur salaire.
Par rapport à ces accusations, Alain Ndikumana, ministre des Finances rejette fermement toute responsabilité de son ministère dans cette situation. Il a précisé que la gestion des salaires relève du ministère en charge de la Fonction publique et a invité les agents concernés à vérifier si leurs dossiers administratifs sont complets.
« Est-ce le ministère des Finances qui prépare les salaires ? Il faut plutôt s’adresser au ministère de la Fonction publique. Les concernés doivent d’abord vérifier si leurs dossiers sont en ordre », déclare le ministre.
Des difficultés d’adaptation dans les nouvelles affectations
Au-delà de la question salariale, plusieurs députés ont également attiré l’attention du gouvernement sur les difficultés auxquelles sont confrontés certains fonctionnaires affectés loin de leurs familles.
Selon les élus, plusieurs agents peinent à trouver un logement dans leurs nouvelles localités de service. D’autres rencontrent des problèmes de déplacement en raison de l’éloignement de leur lieu d’affectation.
Tout en saluant les objectifs poursuivis par la décentralisation, certains parlementaires estiment que le nouveau découpage administratif a engendré des contraintes importantes pour les agents concernés.
En réponse, le ministre des finances indique que le gouvernement travaille sur des solutions visant à faciliter la mobilité des fonctionnaires affectés dans les nouvelles entités administratives. Parmi les mesures envisagées figure notamment la mise à disposition de motos pour certains agents.
Entrée en vigueur en juin 2025, la réforme administrative a ramené le nombre de provinces de 18 à 5 et celui des communes de 119 à 42, tandis que les zones sont passées de 339 à 450, a rappelé le ministre des Finances Alain Ndikumana. Si cette réforme vise à renforcer la décentralisation, elle suscite encore des préoccupations liées aux conditions de travail et à la prise en charge des fonctionnaires redéployés.