Les évêques du Burundi tirent la sonnette d’alarme. Dans leur communiqué final publié le 5 juin à Bujumbura après leur assemblée ordinaire. Ils pointent les cotisations forcées dans un parti dont certains ne sont pas membres, Ils déplorent l’état détérioré des routes ,le manque de carburant, les surcharges des véhicules, accidents, pertes humaines ,des corps sans vie retrouvés sans enquête pour s’en suivre, les acquittements ignorés en prison, les routes dégradées et la fuite des forces vives de la nation traduisant une saignée sans précédent .

Mgr Joachim Ntahondereye, archevêque de Muyinga et président de la Conférence des évêques, s’interroge sur les cotisations exigées dans un parti politique à des personnes qui n’en sont pas membres. Il se demande si cela ne constitue pas une violation de la Constitution qui reconnaît le multipartisme.
Les évêques déplorent la découverte régulière de corps sans vie à travers le pays. « On n’arrive jamais à démasquer les auteurs de ces crimes », souligne le communiqué. Selon le même communiqué, une autre inquiétude est fondée sur le fait que des prisonniers acquittés par les tribunaux restent en détention sans connaître le motif.
Crise sociale et fuite des cerveaux
Les évêques notent avec amertume la persistance du manque de produits de première nécessité. Médicaments et denrées alimentaires font défaut. Ils déplorent aussi la saignée des forces vives de la nation. Jeunes, enseignants, médecins et fonctionnaires quittent le pays. En cause : des salaires bas qui ne répondent plus aux besoins de la vie ordinaire. Pour ces prélats, cela a des conséquences négatives sur la vie du pays.
Dans le domaine de la construction, les évêques saluent le souci de l’État d’inciter la population à plus de propreté. Mais ils émettent des réserves sur le projet de pavage des espaces entre les maisons et les routes. Ils s’interrogent si cela ne risque pas d’aggraver la situation des familles déjà en difficulté économique .ils se demandent également si ce pavage même ne comporte pas de risque pour l’environnement.