Des habitants de la colline et de la zone Muyange, en commune Nyanza de la province de Burunga, estiment que la présence prolongée de réfugiés burundais à l’étranger favorise la propagation de discours négatifs sur le pays. Ils appellent à intensifier les actions de sensibilisation et le dialogue pour encourager les retours volontaires.

Selon plusieurs habitants de Muyange, l’existence de réfugiés vivant encore hors du Burundi alimente parfois des discours remettant en cause la paix et la sécurité dans le pays. Ils affirment que certaines personnes profitent de cette situation pour diffuser des messages dénigrant le Burundi ou semant le doute sur la stabilité du pays.
Ces habitants craignent que la poursuite de tels discours n’ait des conséquences néfastes sur la société. Ils évoquent notamment le risque de voir émerger des mouvements susceptibles de compromettre la stabilité et la paix, en particulier lorsque des groupes armés se forment dans ou autour des camps de réfugiés.
Considérant cette situation, ils jugent nécessaire de multiplier les initiatives de dialogue et de sensibilisation afin de favoriser le retour volontaire des réfugiés. Selon eux, cette démarche contribuerait au renforcement de la cohésion sociale, à la stabilité du pays et à son développement.
Mieux informer les réfugiés sur la réalité du pays
Les habitants de Muyange recommandent l’organisation de campagnes d’information dans les camps de réfugiés pour présenter la réalité actuelle du Burundi. Selon eux, l’objectif serait de permettre aux réfugiés de prendre une décision éclairée quant à un éventuel retour dans leur pays d’origine.
Désiré Mukunzi, conseiller du chef de la colline Muyange indique que l’administration locale s’emploie à accompagner les personnes revenues d’exil. Selon lui, plusieurs rapatriés constatent, une fois de retour, un décalage entre certaines informations entendues à l’étranger et la réalité observée sur le terrain.
De son côté, Dismas Ndayikengurukiye, expert en résolution pacifique des conflits, souligne que les réseaux sociaux peuvent parfois servir de canal à la diffusion de messages de haine ou d’incitation à la violence. Il estime que certaines personnes vivant à l’étranger peuvent influencer négativement celles restées au pays, notamment dans un contexte marqué par l’essor des outils numériques.
Quant à cet expert, le rapatriement volontaire des réfugiés représente une piste importante pour réduire les discours de haine et renforcer la coexistence pacifique au sein de la communauté. Il considère qu’un retour progressif des réfugiés contribuerait à consolider la paix et la réconciliation au Burundi.