Les commerçants de boissons alcoolisées hors Brarudi de Kayanza ont deux semaines pour arrêter leur activité. C’est la décision prise mercredi 13 mai 2026 lors d’une réunion au chef-lieu de la commune, entre l’administration communale, les administratifs à la base et les détaillants et grossistes concernés. Les commerçants dénoncent un délai trop court et réclament quatre mois pour éviter des pertes massives.

La réunion du 13 mai 2026 a acté l’interdiction de commercialiser des boissons alcoolisées ne provenant pas de la Brarudi sur le territoire de la commune de Kayanza, en province de Butanyerera. L’administration communale a accordé un délai de deux semaines aux commerçants détaillants et grossistes pour se conformer à la mesure et cesser ce type de commerce.
Pour les professionnels du secteur, l’ultimatum est intenable. Certains affirment que l’exécution immédiate de la décision provoquerait des pertes financières considérables. « Nous avons des stocks importants déjà payés. Deux semaines ne suffisent pas pour les écouler », confie un grossiste présent à la réunion.
Ils demandent un rallongement du délai à au moins quatre mois. Objectif : avoir le temps d’épuiser les stocks ou de restituer les boissons aux usines fabricantes sans subir de préjudice.
Un appel à plus de rigueur dans l’octroi des licences
Au-delà du délai, les commerçants pointent la responsabilité du BBN (Bureau Burundais de Normalisation et Contrôle de la Qualité). Ils demandent plus de prudence dans l’octroi des licences d’exploitation. « Il faut éviter que des boissons soient fabriquées, autorisées, puis retirées du marché quelques mois plus tard. Ce sont les commerçants qui paient les pots cassés », plaide un détaillant.
A propos de ces doléances, Godefroid Niyonizigiye, administrateur communal de Kayanza se veut rassurant mais prudent. Il indique que la demande des commerçants sera transmise à l’autorité provinciale pour une orientation propice.
Selon divers acteurs sociaux, la prolifération et la consommation abusive de boissons fortement alcoolisées (notamment les liqueurs en sachets ou bouteilles plastiques à bas prix, titrant entre 16% et 45%) constituent une véritable crise de santé publique et de sécurité au Burundi.