À l’occasion de la Journée mondiale des orphelins du sida, des acteurs engagés dans la lutte contre le VIH au Burundi alertent sur les défis persistants liés à la prise en charge des personnes vivant avec le VIH et des enfants rendus vulnérables par la maladie. Ils appellent à renforcer les programmes de soutien, la sensibilisation et l’inclusion sociale afin d’atteindre l’objectif de mettre fin au VIH d’ici 2030.

Selon Eric Nsengiyumva, président de BAPUD, association burundaise qui rassemble les anciens usagers des drogues, malgré les progrès réalisés dans la lutte contre le VIH/sida, plusieurs défis demeurent au Burundi. Il cite surtout les hépatites virales, la tuberculose, les infections sexuellement transmissibles, Ebola ou encore le monkeypox, qui continuent de fragiliser le système de santé.

Il déplore également le retard observé dans l’adoption de certaines innovations scientifiques, notamment l’auto-dépistage du VIH déjà largement utilisé dans plusieurs pays au niveau communautaire.
« Malgré les avancées, les acquis restent fragiles. Si les efforts diminuent, les progrès peuvent rapidement reculer », prévient-il.
Nsengiyumva insiste aussi sur la nécessité de combattre la stigmatisation et la discrimination envers les personnes vivant avec le VIH. Pour lui, la sensibilisation des jeunes et l’implication de tous les acteurs restent indispensables pour espérer éliminer le VIH d’ici 2030.
Des programmes de soutien jugés insuffisants

De son côté, Hamza Venant Burikukiye, président de CAPES+, (Coalition des Associations des Personnes vivant avec le VIH et des séropositifs) estime que les orphelins du sida ne bénéficient plus d’un accompagnement suffisant comme auparavant.
Selon lui, les programmes et subventions destinés à la réponse au VIH ne prévoient plus d’appuis conséquents en faveur de ces enfants vulnérables. « Il n’y a pas d’appui scolaire, pas d’appui nutritionnel, ni d’accompagnement psychosocial. Tout cela constitue un handicap dans leur développement », déplore-t-il.
Hamza Venant Burikukiye affirme que les initiatives existantes restent isolées et insuffisantes. Il regrette également que les bénéficiaires soient souvent exclus de la conception, de la mise en œuvre et de l’évaluation des programmes qui leur sont destinés.
Alors que les acteurs préparent la nouvelle subvention du Fonds mondial, connue sous le nom d’IC8, il appelle à intégrer des programmes solides et spécifiques en faveur des orphelins du sida.
Pour ces intervenants, une réponse efficace au VIH au Burundi passe par une collaboration renforcée, un engagement continu des acteurs concernés et une meilleure prise en compte des besoins réels des bénéficiaires.