À l’occasion de la célébration de la fête du Travail et des travailleurs, ce 1er mai 2026 au stade Ingoma de Gitega, les préoccupations liées aux conditions de vie des travailleurs burundais ont été largement exprimées. Entre flambée des prix, faibles salaires et chômage persistant, syndicats, autorités et organisations de la société civile dressent un constat préoccupant.

Selon Célestin Nsavyimana, président de la Confédération syndicale du Burundi (COSYBU), les travailleurs font face à une dégradation continue de leurs conditions de vie.
« Les prix ne cessent d’augmenter alors que les revenus restent stagnants. Les salaires ne suivent pas la montée vertigineuse du coût de la vie », déplore-t-il.
Il appelle à un dialogue entre syndicats, citoyens et pouvoirs publics afin de dégager des solutions concrètes pour alléger les difficultés des populations.
Une précarité quotidienne de plus en plus visible
Sur le terrain, les témoignages illustrent une réalité difficile. La pénurie de carburant complique les déplacements, obligeant certains travailleurs à se rendre au travail à pied, avec des retards fréquents.
« Avec un salaire parfois inférieur à 100 000 BIF, il devient presque impossible de couvrir les besoins essentiels », confie une travailleuse domestique.
Entre loyers élevés, hausse des prix des denrées alimentaires et longues journées de travail, de nombreux employés peinent à joindre les deux bouts. Les tensions avec les employeurs se multiplient, notamment en raison des dépenses supplémentaires liées à la vie chère.
Au regard de cette situation, plusieurs catégories professionnelles réclament une revalorisation des salaires proportionnelle à l’inflation. Les agents de sécurité figurent parmi les plus concernés.
Les travailleurs domestiques appellent également leurs employeurs à revoir les rémunérations à la hausse afin de mieux subvenir aux besoins de leurs familles.
De son côté, le président de la République, Évariste Ndayishimiye, a critiqué le fonctionnement de certaines sociétés paraétatiques, notamment l’OTB, la SOSUMO et l’ODECA, qu’il accuse de ne pas contribuer suffisamment au Trésor public.
Il a également dénoncé le manque de productivité observé dans certaines administrations publiques :
« Sans travail, il n’y a pas de richesse. Ceux qui réclament des salaires doivent se demander d’où provient cet argent », a-t-il insisté, pointant des comportements peu professionnels.
Le chômage, une urgence sociale persistante
La question du chômage demeure une préoccupation majeure. Selon Vianney Ndayisaba, coordinateur de l’Association pour la lutte contre le chômage et la torture (ALUCHOTO), cette journée reste difficile pour les sans-emploi.
« De nombreux jeunes, femmes et hommes vivent dans une extrême pauvreté faute d’emplois », souligne-t-il. Le taux de chômage des diplômés dépasserait les 40 %.
L’ALUCHOTO dénonce par ailleurs des pratiques de recrutement entachées de corruption, de népotisme et d’injustice, tant dans le secteur public que privé, et appelle à des mesures urgentes pour garantir l’égalité des chances.
Face à ces défis multiples, les appels au dialogue et à des réformes concrètes se multiplient. Tous les acteurs s’accordent sur un point : sans actions urgentes et coordonnées, les conditions de vie des travailleurs burundais risquent de continuer à se détériorer.