À l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, la présidente de la Maison de la presse, Mireille Kanyange, alerte sur la précarité persistante des médias, malgré des avancées notables enregistrées ces dernières années dans le paysage médiatique. Face à ces défis, les différents intervenants appellent à un renforcement du soutien aux médias, en particulier aux médias privés, ainsi qu’à une amélioration des conditions de travail des journalistes.

Selon Mireille Kanyange, la précarité constitue une réalité quotidienne pour de nombreux journalistes. Elle se traduit notamment par l’instabilité des contrats de travail et une mobilité constante des professionnels, souvent contraints de changer de médias à la recherche de meilleures conditions.

À cela s’ajoutent des difficultés logistiques importantes, notamment pour accéder aux sources d’information. La pénurie de carburant complique les déplacements, affectant l’ensemble du secteur, avec un impact plus marqué sur les médias privés.
De son côté, Abdul Kassim, président du parti UPD Zigamibanga met en avant certaines évolutions positives. Il souligne la multiplication des radios communautaires, l’émergence progressive des médias en ligne ainsi que la libération récente de journalistes emprisonnés, qu’il considère comme des signaux encourageants pour la liberté de la presse.
Cependant, il déplore un soutien insuffisant de l’État. Selon lui, les budgets alloués aux médias restent limités, réduisant leur capacité à fonctionner efficacement et à assurer une couverture complète des événements publics.
Il pointe également des difficultés d’accès à l’information, certains détenteurs de données ne communiquant pas de manière transparente. Pour son parti, ces obstacles constituent un frein au plein exercice de la liberté de la presse.
Un rôle clé pour la gouvernance et la transparence

Les organisations de la société civile partagent cette analyse. Faustin Ndikumana rappelle que les médias jouent un rôle fondamental dans le développement et la gouvernance.
Selon lui, la presse contribue à la communication gouvernementale, à l’éducation citoyenne et au contrôle de l’action publique. Elle constitue également un levier essentiel dans la lutte contre la corruption, notamment à travers les enquêtes et les dénonciations.
Malgré ce rôle central, Faustin Ndikumana s’inquiète d’une tendance à restreindre la liberté de la presse. Il évoque des cas d’emprisonnement de journalistes, le recul du journalisme d’investigation ainsi que certaines formes de censure.
Il cite notamment le refus d’organiser des débats médiatiques sur des sujets sensibles comme la pénurie de carburant. Il critique également le fonctionnement de RTNB, qu’il considère comme peu accessible à l’ensemble des acteurs politiques.