À un an de l’élection présidentielle de 2027, la question des documents électoraux s’invite déjà dans les débats. Lors d’une réunion préparatoire organisée par la Commission électorale nationale indépendante, CENI, plusieurs participants ont exprimé leurs inquiétudes sur l’accès au vote pour les citoyens ayant perdu leur carte d’électeur ou leur récépissé.

Oscar Habonimana, président de l’association des Batwa, a interpellé la CENI sur les dispositions prévues pour les électeurs dont les documents se sont égarés. « Il arrive parfois que la conservation des documents soit difficile et qu’ils se perdent. Comment cela se passera-t-il ? Avez-vous prévu d’autres documents afin qu’aucun citoyen ne soit privé de son droit de vote ? », a-t-il demandé.
Même préoccupation pour Joselyne Nahimana, représentante du parti MSP Inkinzo. Elle s’est interrogée sur le sort des citoyens enregistrés mais n’ayant jamais reçu leur carte d’électeur lors des scrutins précédents : « Devront-elles se réinscrire ? »
En réponse, le président de la CENI, Prosper Ntahorwamiye, s’est voulu rassurant. « Une personne qui n’a pas reçu sa carte, mais qui figure dans la base de données, ne rencontrera aucun problème car le récépissé reste valable », a-t-il affirmé.
Une décision au cas par cas pour les documents perdus
Concernant les électeurs ayant perdu à la fois la carte et le récépissé, la CENI conditionne sa réponse à l’ampleur du phénomène. « Nous procéderons à des vérifications. Si le nombre de cas est élevé, nous prendrons une décision d’ordre politique ou technique », a précisé Prosper Ntahorwamiye. L’institution entend d’abord actualiser les listes électorales, « car certaines personnes ne sont plus présentes ».
Le président de la CENI a également annoncé un enrôlement partiel avant le scrutin. Il concernera trois catégories : les citoyens qui atteindront 18 ans en 2027, les rapatriés revenus au pays après l’enrôlement de 2024, ainsi que les Burundais qui n’avaient pas pu s’inscrire pour diverses raisons.
La CENI démarre ainsi les préparatifs de la présidentielle 2027 en cherchant à lever les obstacles administratifs au droit de vote, dans un contexte où la fiabilité du fichier électoral reste un enjeu majeur.