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Ruyigi: Quand les discours de haine réveillent les blessures du passé

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À Ruyigi, les plaies du passé peinent à se refermer. Sur la colline Nkongwe, zone Butezi, en commune de Ruyigi, province de Buhumuza, des discours de haine refont surface et menacent directement le vivre-ensemble. Habitants et autorités tirent la sonnette d’alarme : au lieu de panser les plaies, certains messages ravivent rancunes et divisions.

Sur la colline Nkongwe, les habitants de la localité de Nankage le confirment sans détour: « Les discours de haine existent et fragilisent la cohésion sociale au quotidien. Il peut y avoir des conflits entre deux personnes et, même après cinq ans, ces conflits ressurgissent. Cela montre qu’elles gardent de la rancune », témoigne un habitant.

Les conséquences dépassent les simples querelles de voisinage. Le développement local en pâtit. « Cette situation nous fait reculer, car certaines personnes cherchent à se venger. Cela perturbe la cohésion sociale et favorise la division », ajoute-t-il. Plus grave encore : « Les violences peuvent surgir à cause de la vengeance. Les gens peuvent s’entretuer et cela perturbe la sécurité. »

Asmane Bimazubute, chef de la localité confirme ces dérives. Il pointe directement la responsabilité de certains acteurs politiques.

« Les discours d’incitation à la haine liés au passé douloureux sont utilisés ici sur cette colline. Certains politiciens s’en servent pour chercher des partisans. Parfois, ils passent par l’ethnisme, avec des accusations du type les autres ont tué les nôtres », dénonce-t-il. Pour Alexis Nibigira, psychologue de formation, ces discours ne relèvent pas du hasard. Ils sont souvent portés par des personnes elles-mêmes marquées par des traumatismes non résolus.

« C’est une manière de parler du passé, des douleurs, des injustices subies, non pas pour guérir ou réparer, mais pour raviver la colère, la peur, la rancune contre une personne ou un groupe », analyse-t-il.

L’administration mise sur la sensibilisation

Face à ces propos haineux, l’administration locale dit avoir choisi la voie du dialogue et de la prévention précisant qu’elle essaie de lutter contre ces discours en unissant la population et en renforçant la cohésion sociale, tout en encourageant les gens à laisser leur passé derrière eux comme l’explique Asmane Bimazubute.

Il insiste : « Nous leur montrons que les conflits qui surgissent n’ont pas d’importance et qu’il vaut mieux privilégier la paix et le vivre-ensemble. »

Alexis Nibigira quant à lui appelle à une rupture franche avec ces récits de haine. Il invite chaque citoyen à prendre conscience de son rôle dans la construction d’une société apaisée.

Sa recommandation : organiser un dialogue communautaire sur le passé dans le but de favoriser le pardon, désamorcer les rancunes et permettre à la population d’avancer vers une meilleure cohésion sociale.

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