Les abeilles et certains oiseaux sont des alliés vitaux pour la régénération des forêts et la sécurité alimentaire. Le chercheur Innocent Banigwaninzigo fait savoir que leur disparition menace directement le climat, les paysages et les rendements agricoles. Il appelle à protéger ces espèces et à repenser nos pratiques agricoles.


Selon Innocent Banigwaninzigo, chercheur spécialisé en environnement, les abeilles figurent parmi les acteurs clés de la régénération forestière. En transportant le pollen d’une fleur à l’autre, elles assurent la reproduction de nombreuses espèces végétales.
« Sans elles, pas de transfert de pollen, donc pas de fruits, pas de graines, et à terme, une extinction des plantes à fleurs« , explique-t-il. Pour le chercheur, les abeilles sont tout simplement les mères de notre agriculture.
Les abeilles ne sont pas seules. Certaines espèces d’oiseaux jouent aussi un rôle majeur dans la dissémination des graines et du pollen.
En consommant des fruits, les oiseaux transportent les graines sur de longues distances. « Ils sont des reboiseurs naturels de nos collines, capables de régénérer des forêts ou des boisements », précise Banigwaninzigo.
La Réduction des pesticides, un préalable salutaire
La disparition de ces mécanismes naturels aurait des conséquences lourdes. Le chercheur évoque des perturbations climatiques importantes et des risques accrus de famine.
« Quand la faune ou la flore est dégradée, on assiste à la stérilité du paysage et à une baisse drastique des rendements« , alerte-t-il. Faune et flore sont interdépendantes : toucher l’une, c’est fragiliser l’autre.
Face à cette menace, Innocent Banigwaninzigo plaide pour deux actions urgentes dont le renforcement des programmes de reboisement pour restaurer les écosystèmes dégradés. Pour cet environnementaliste une autre action salvatrice est celle qui consiste à réduire l’usage de pesticides chimiques qui tuent abeilles, vers de terre et autres insectes indispensables à l’équilibre écologique. Banigwanzigo recommande de promouvoir l’agroécologie comme alternative durable aux intrants chimiques.
Quant à lui, l’exemple concret de cette fragilité est la forêt naturelle de Kibira qui aujourd’hui fait partie des écosystèmes les plus menacés en raison d’activités humaines illégales, notamment la chasse et la production clandestine de bois de chauffage.
Protéger les pollinisateurs et les oiseaux disséminateurs, c’est donc aussi protéger des réserves naturelles vitales comme Kibira.