Certains habitants de la colline Gifunzo, zone et commune Rutana, dans la province Burunga, estiment que la liberté d’expression n’est pas respectée dans leur localité, ce qui pourrait engendrer des actes de violence. Ils affirment que lorsqu’ils rencontrent des problèmes, l’administration leur refuse le droit de s’exprimer librement, une situation qui, selon eux, peut entraîner des troubles psychologiques. Quant au consultant en leadership, il recommande aux autorités locales de renforcer leurs capacités d’écoute et de gestion des doléances des citoyens.

Un des habitants de Gifunzo fait savoir : « Parfois, une personne peut traverser des difficultés sans trouver quelqu’un pour la soutenir. Moi-même, j’ai eu un conflit foncier avec quelqu’un, mais on m’a refusé le droit de m’exprimer. »
Une femme de cette localité affirme qu’il arrive qu’un citoyen soit frappé sans qu’aucune aide ne lui soit apportée.
« Ces derniers jours, lorsqu’une femme a un problème et tente de s’exprimer, elle risque d’être humiliée ou battue. Même en appelant à l’aide le chef de colline, elle n’est pas secourue rapidement. »
Ces habitants de Gifunzo disent que cette situation a des conséquences négatives pouvant mener jusqu’à des actes de violence.
« Lorsqu’on est une personne âgée et qu’on est chassé de chez soi et qu’on ne sait plus où aller, cela provoque une blessure morale et entraîne des conséquences comme des pensées négatives pouvant aller jusqu’aux actes de violence. »
Un autre citoyen rapporte : « Quand une personne a quelque chose qui la préoccupe, mais n’est pas écoutée, elle peut développer des troubles psychologiques ou émotionnels. »
Il ajoute que les leaders devraient laisser la population s’exprimer librement et partager ses doléances : « Les dirigeants devraient écouter les personnes qu’ils dirigent lorsqu’elles répondent à leurs problèmes et les laisser donner des réponses concernant leurs besoins. »
Nduwimana Alexis, chef de la colline Gifunzo, reconnaît que de tels cas se produisent parfois, notamment à l’égard des femmes. Toutefois, il assure que des efforts sont en cours pour éradiquer ce phénomène.
Asher Niyonizigiye, expert en leadership, souligne que les dirigeants à tous les niveaux ne devraient pas craindre ceux qui expriment leurs opinions. Au contraire, ils devraient attentivement les écouter et leur apporter un soutien approprié.
« La seule chose raisonnable à faire, c’est de libérer la parole, laisser les gens s’exprimer. Seulement que les gens aussi apprennent à s’exprimer correctement, sans attaquer, sans insulter, sans agresser, que les gens s’expriment. Parce que lorsque vous êtes leader, il vous sera vraiment difficile de savoir ce qu’il faut faire si vous ne savez pas ce que les gens pensent. »
Il complète : « Lorsque vous les écoutez, cela vous permet de connaître leurs besoins et de tenir compte de ces besoins-là dans ce que vous faites, ce qui, au bout du compte, va apporter de la satisfaction. Mais quand vous ne les écoutez pas, vous ne saurez pas vraiment leurs besoins. Vous allez supposer, et malheureusement vous allez vous tromper parce que vous n’êtes pas dans à place. »
Niyonizigiye souligne qu’un bon dirigeant doit être à l’écoute de tous, y compris de ceux qui ont des opinions divergentes, et tenir compte de leurs préoccupations.