Le coordonnateur de l’ALUCHOTO lance un cri d’alarme face aux menaces répétées qu’il dit subir ces derniers jours. Il affirme avoir échappé à une tentative d’enlèvement par des individus non identifiés ce dimanche 4 janvier à Maramvya. Selon lui, ces intimidations font suite à ses dénonciations publiques, récemment adressées au chef de l’État lors d’une émission à Muramvya, au sujet des irrégularités observées dans le secteur de la justice. Il appelle les autorités à garantir sa sécurité.

Vianney Ndayisaba, coordonnateur de l’Association de lutte contre le chômage et la torture (ALUCHOTO), affirme faire l’objet de menaces en raison de son engagement dans le suivi de certains dossiers sensibles impliquant des citoyens victimes d’injustices.
« Comme représentant d’Aluchoto, j’ai failli être enlevé récemment. Un véhicule pick-up blanc est arrivé avec des hommes armés habillés comme des agents de sécurité. Un civil est d’abord venu autour de nous en demandant qui est Vianney.
Il ajoute : « Je reçois de nombreux messages de menaces, m’intimant de me retirer de certains dossiers impliquant des personnes que je ne connais même pas. Je suis en danger de mort. Nous avons déjà alerté les services de sécurité que notre sécurité est menacée », dit-il.
L’ALUCHOTO lance un appel au gouvernement
D’après M. Ndayisaba, personne ne devrait être victime de ce qu’elle dénonce dans un pays démocratique : « On dit que nous vivons un régime démocratique, c’est-à-dire un système où chacun est libre de s’exprimer. Pourtant, nous constatons encore aujourd’hui des pratiques du passé, comme le non-respect des lois. »
Le coordinateur de l’ALUCHOTO estime qu’au Burundi, toute personne qui ose s’exprimer librement est rapidement réduite au silence.
« Je lance un appel au gouvernement. Si nous voulons réellement consolider la démocratie, il faut écarter tous ceux qui se comportent en intouchables, que ça soit dans le parti au pouvoir qui estime avoir combattu pour la démocratie, dans les institutions ou dans l’administration, pour que le Burundais puisse s’exprimer librement. S’ils sont écartés et sanctionnés sévèrement, nous verrons une vraie différence. »
Il affirme que si la situation au Burundi ne change pas, les mêmes difficultés persisteront : « Celui qui ose s’exprimer est menacé, voire éliminé », déplore-t-il.