Ce mardi 30 décembre au terrain de l’ETS Kamenge, lors de la prière nationale d’action de grâce, l’abbé Dieudonné Nibizi, invité à cette croisade, a demandé que les petits paysans soient informés sur la vision du Burundi émergent en 2040 afin qu’ils sachent à quoi le pays va ressembler en cette année. L’abbé Nibizi a exhorté certains dirigeants à abandonner ce qu’il a qualifié de mentalité honteuse pour que cette vision soit atteinte. À défaut, a-t-il averti, les dirigeants seront considérés comme des traîtres.

Lors de la deuxième journée de la croisade nationale, l’abbé Dieudonné Nibizi a plaidé pour l’implication de tous les Burundais dans la mise en œuvre de la vision nationale, afin que chacun puisse y apporter sa contribution.
« Expliquez-nous clairement, nous les simples citoyens, de cette vision du Burundi. Que veut dire cette expression pour cette grande de la campagne ? Que vous nous disiez ce que nous devons espérer. Que nous sachions ce que nous pouvons attendre de nos dirigeants et aussi ce que nous pouvons leur demander. Ce pays dont nous avons toujours entendu dire qu’il est beau, un pays de rivières, de sources, de blé, de sorgho, d’huile, de miel et de minerais. À quoi ressemblera-t-il exactement en 2040 ? »
Il ajoute : « Nous avons besoin de savoir où nous en serons à cette année. Dites-nous ce que vous attendez de nous, afin que nous y prenions part. Vous êtes en train de faire des projections sur ce que vous comptez obtenir dans un certain nombre d’années. »
Il s’insurge contre les comportements de certains dirigeants actuels qui détournent les fonds publics, estimant que de telles pratiques compromettent sérieusement la réalisation de la vision nationale.
« Si ces objectifs ne sont pas atteints, les Burundais vous accuseront de les avoir trahis. Et si la situation continue comme nous la voyons aujourd’hui, et ces personnes que vous nous avez données pour nous diriger, ces autorités, certaines même que nous avons élues pour nous conduire jusque-là, ces agents que nous voyons quotidiennement dans les bureaux, et qui continuent les mêmes pratiques que nous connaissons, pensez-vous vraiment que ces objectifs seront atteints ? »
Il déplore l’usage répété de la nouvelle expression « Igihugu kiratwonkeje », qui, selon lui, est devenue comme une chanson chez certains dirigeants, illustrant un comportement d’exploitation injuste des ressources publiques.
« On dit que le pays est devenu une vache à traire. Cette expression nouvelle, je ne sais pas d’où elle vient. Dire que le pays est une vache, que l’on trait à toute vitesse est honteux et douloureux pour notre pays. Et pendant que cette vache est traitée à l’excès, vous savez bien comment cela finit. Ils seront nombreux à ne plus pouvoir la nourrir, et les veaux seront déjà morts depuis longtemps », dit-il.
Abbé Nibizi plaide pour un changement de mentalité
Selon le Père Nibizi, il est grand temps que les Burundais s’impliquent activement pour concrétiser la vision nationale.
« Il est temps qu’un changement se produise dans nos esprits, dans nos cœurs, dans notre intelligence. Il est grand temps que nous les Burundais nous engagions pour que ce pays dont nous rêvons devienne une réalité, un pays où nous vivons en paix et en sécurité, afin d’atteindre ce lait et miel promis. Il est temps que nous nous levions tous, et que nous nous réveillions, que nous changions et reconnaissions que ce que nous faisions jusque-là n’était pas juste. »
Il ajoute : « Les quarante ans passés dans le désert sont terminés, entrons maintenant dans la terre promise. Le temps d’être mordu par des serpents dans le désert est révolu, allons vers la terre promise. Le temps de vivre du pain venu du ciel dans le désert est fini. Travaillons et vivons du fruit de notre travail. Il est temps de traverser le Jourdain, et d’entrer dans une nouvelle ère. L’ère est venue pour un changement de mentalité, afin que nous accédions à la terre promise. »
Rappelons que cette croisade s’est déroulée du 29 au 31 décembre sur le terrain de football de l’ETS Kamenge de la commune Ntahangwa, au nord de la capitale Bujumbura.