La PARCEM estime que la fermeture des frontières entre le Burundi et la RDC pourrait freiner l’économie nationale. Selon elle, cette décision risque de perturber les échanges commerciaux ainsi que les projets économiques en cours entre les deux pays. La PARCEM recommande à l’État burundais de s’entourer d’experts en géopolitique pour mieux gérer les enjeux actuels et préserver les intérêts du pays.

Faustin Ndikumana, président de Parole et action pour le réveil des consciences et l’évolution des mentalités (PARCEM), alerte sur les conséquences possibles de la fermeture des frontières entre le Burundi et la RDC, survenue après la prise de la ville d’Uvira par le M23. Selon lui, cette situation pourrait devenir une menace sérieuse pour le Burundi si des mesures urgentes ne sont pas prises.
« Il y avait plusieurs projets, notamment au niveau des infrastructures, comme le projet Ruzizi, il y a aussi un chemin de fer en gestation, tout cela devient compliqué. Quant au commerce transfrontalier, vous savez que le Burundi a un commerce transfrontalier intense avec la RDC, les opérateurs économiques congolais venaient à Bujumbura. Il y avait un flux de devises qui venaient de la RDC pour acheter des biens et des services. »
La PARCEM indique que la ville de Bujumbura était devenue une plaque tournante stratégique pour de nombreux opérateurs économiques congolais, notamment ceux qui sont près de la frontière.
« Même la Brarudi, il y a des devises découlant du commerce d’exportation de produits manufacturés en RDC. On ne devait pas ignorer aussi comment la région RDC proche du Burundi était constituée d’une base de recours pour combler la pénurie du carburant. S’il arrive que la Tanzanie aussi soit perturbée, le Burundi se trouverait sous un embargo de fait, comme il l’a été dans le temps », dit-il.
PARCEM recommande la prudence

Selon lui, le Burundi doit éviter toute attitude ou décision pouvant aggraver les tensions actuelles, et plutôt privilégier des approches diplomatiques pour préserver la stabilité du pays et de la région.
« Quant à la présence des milices Wazalendo et FDLR, il constitue une menace sécuritaire grave. La présence du M23 à Uvira à moins de 50 km de la capitale Bujumbura. Si le gouvernement n’adopte pas une attitude de dialogue, d’essayer d’éviter l’escalade, la situation se compliquera davantage. »
Il estime que l’État devrait renforcer la sécurité de l’aéroport international de Bujumbura, qui constitue le principal point de désenclavement du pays. Selon lui, si cet aéroport venait à faire face à des problèmes sécuritaires, les conséquences pour le Burundi seraient particulièrement graves.
« Le Burundi doit aussi affronter la nouvelle réalité, dépassionner le débat et avoir une vision des choses. L’heure actuelle est l’heure de l’objectivité et du pragmatisme. Ce n’est plus l’heure de la démagogie et des passions. »
La PARCEM recommande au gouvernement de mettre en place une équipe d’experts multidisciplinaires afin de mener une analyse approfondie du contexte géopolitique actuel.