Les réfugiés congolais continuent de fuir massivement l’est de la RDC, en raison de l’insécurité persistante, malgré les récents accords de paix signés entre la RDC et le Rwanda à Washington. D’après un bilan officiel de ce lundi 8 décembre, le ministère burundais des Affaires étrangères, a révélé que plus de 2 500 réfugiés congolais ont été enregistrés au Burundi entre le 6 et le 7 décembre. Ce ministère appelle à la contribution de la communauté internationale pour venir en aide à ces réfugiés.

Dans un reportage réalisé ce mardi 9 décembre au site de Ndava situé dans la zone Buganda, commune Bukinanyana en province Bujumbura où la majorité des réfugiés congolais sont accueillis, la correspondante de la radio Bonesha FM a constaté que les opérations d’accueil sont rendues difficiles par la surpopulation et l’inadéquation du site, peu adapté à une telle situation.
Sur place, de nombreux réfugiés congolais continuaient d’affluer, traversant la rivière Rusizi par la sixième transversale de Buganda. Ils arrivaient avec leurs biens, notamment du bétail. Certains, confrontés à l’urgence de la situation, se voyaient contraints de vendre leurs biens sur place à des prix dérisoires.
Face à cette situation, certains d’entre eux lancent un appel à l’État burundais pour leur venir en aide.
L’un de ces réfugiés témoigne : « Nous avons fui jusqu’à Buganda à cause de l’insécurité persistante en RDC. Les rebelles du M23 ont envahi notre localité, et les tirs devenaient de plus en plus intenses. C’est ce qui nous a poussés à chercher refuge ici. »
Ils sollicitent des tentes pour l’hébergement ainsi qu’une intervention urgente du HCR afin d’améliorer leurs conditions de vie : « Nous avons besoin d’eau potable, de nourriture et d’un accès aux soins médicaux. Nos enfants ont très faim. Depuis avant-hier, ils n’ont rien mangé. Nous avons traversé des forêts depuis Bwegera », témoigne une femme congolaise réfugiée sur le site de Ndava.
Léonidas Ndaruzaniye, ministre de l’Intérieur, en visite sur les lieux dans la matinée de ce mardi, a précisé que l’urgence actuelle est l’identification des réfugiés afin de les transférer vers un autre site. Il a indiqué que douze camions de la Police nationale ainsi que d’autres bus sont déjà mobilisés pour assurer leur déplacement.
Édouard Bizimana : « Les camps de réfugiés sont presque saturés. »

Ce lundi 8 décembre, dans un communiqué officiel adressé aux corps diplomatiques et consulaires accrédités au Burundi, le ministère burundais des Affaires étrangères a alerté sur l’afflux massif des réfugiés congolais sur le sol burundais.
Édouard Bizimana, le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et de la Coopération au développement, estime : « Le vendredi 6 décembre, nous avons accueilli 718 personnes qui ont traversé la frontière vers Burundi comme réfugiés et en date du 7 décembre, nous avons enregistré 1807 personnes qui ont traversé la frontière burundaise. »
Il ajoute qu’actuellement, le nombre de réfugiés devient alarmant. Il précise que parmi eux se trouvent également des Burundais, ce qui vient encore alourdir le fardeau déjà pesant sur les structures d’accueil.
« Ici, il faut ajouter des Burundais qui étaient en RDC qui sont rentrés au pays. Dans un premier temps, nous avons enregistré 850 ménages qui comptaient 2100 personnes. Quant au deuxième temps, nous avons enregistré 588 ménages qui comptaient 1297 personnes. »
Il ajoute : « Tous ceux qui arrivent au Burundi sont accueillis dans la limite de nos possibilités. La situation humanitaire est catastrophique parce qu’il y avait déjà une grande population. Ce nombre qui vient s’ajouter vient davantage alourdir le fardeau. Les aides humanitaires sont rares maintenant, sauf quelques gestes qui sont posés par quelques partenaires mais qui ne sont pas suffisants. »
Il lance un appel aux aides humanitaires : « C’est une occasion de vous interpeller pour faire en sorte que cette population puisse bénéficier d’un soutien humanitaire. Les camps de réfugiés sont presque saturés. »
Le ministre demande l’ouverture d’autres camps de réfugiés, estimant que le flux entrant ne cesse d’augmenter et que les structures actuelles ne suffisent plus.