Violences sexuelles, zoophilie, maltraitances graves et détentions arbitraires : telles sont les abus que subissent certaines travailleuses burundaises dans des pays arabes, notamment en Oman, selon l’association ALUCHOTO. Elle accuse certaines agences burundaises d’envoyer des jeunes femmes sans informations claires sur leurs contrats ni sur les conditions de travail. Elle exhorte le gouvernement à renforcer le contrôle de ces départs et à garantir la protection des droits de ces migrantes.

D’après Vianney Ndayisaba, le coordinateur de l’Association de lutte contre le chômage et la torture (ALUCHOTO) : « Dans certains pays des Arabes, notamment Oman, des femmes et les jeunes filles burundaises sont envoyées par des compagnies locales pour y travailler. Malheureusement, les contrats sont signés entre ces compagnies et leurs homologues étrangers sans que les travailleuses soient informées de la nature exacte des tâches à effectuer. »
Selon lui, les salaires ainsi que les frais de commission sont souvent déterminés sans le consentement des travailleuses concernées.
« Une fois sur place, de nombreuses d’entre elles subissent de graves maltraitances, détention arbitraire, violence sexuelle et, dans les cas les plus extrêmes, des pratiques inhumaines comme la bestialité où certaines sont contraintes à des actes sexuels avec des animaux. Ces abus ne sont jamais mentionnés dans les contrats. »
Il ajoute que celles qui refusent de se soumettre à ces traitements sont souvent renvoyées de leur emploi : « Les compagnies exigent qu’elles remboursent elles-mêmes leurs billets de retour, bien que cela ne soit pas prévu dans leurs contrats. Tout cela s’apparente à une forme moderne d’esclavage. »
Il appelle le ministère des Affaires étrangères à suivre de près cette situation qu’il qualifie d’alarmante : « Nous appelons le gouvernement burundais, à travers le ministère des Affaires étrangères, à suivre de près ces contrats et à renforcer la protection des citoyennes envoyées à l’étranger afin de garantir le respect de leurs droits fondamentaux », dit-il.
Édouard Bizimana : « Certains migrants sont en détresse mentale. »

Lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi 28 novembre, le ministère des Affaires étrangères a reconnu que certains Burundais rencontrent des difficultés à l’étranger. Il explique cette situation par le fait que plusieurs migrants empruntent des voies illégales, notamment en passant par des agences non agréées par la loi.
Bizimana Edouard appelle les Burundais souhaitant travailler à l’étranger à être prudent et à emprunter les voies légales, afin d’éviter les problèmes une fois à destination.
« Il y a beaucoup de personnes qui partent de manière indépendante et cela se poursuit. Quand elles rencontrent des problèmes, il devient difficile pour nous de leur venir en aide. Les agences qui ont signé des accords avec notre ministère sont connues, mais il y en a d’autres qui agissent en dehors du cadre officiel et envoient des gens sans respecter les procédures. Certains le font mal, ce qui conduit à des cas de vol ou d’abus et cela complique la situation des migrants une fois arrivés à destination. »
Cependant, il fait savoir que lorsque quelqu’un rencontre des problèmes à l’étranger, ce ministère fait son possible pour l’aider : « Nous collaborons aussi avec des partenaires comme l’OIM. »
Il ajoute que certains migrants burundais se retrouvent en détresse à l’étranger en raison des épreuves qu’ils y traversent, citant notamment le cas de ceux vivant au Qatar.
« Dernièrement, nous avons trouvé certains migrants en détresse mentale à cause des épreuves traversées. Nous avons même dû envoyer un de nos diplomates au Qatar où il est resté à l’aéroport avec eux pour les accompagner. Certains étaient tellement traumatisés qu’ils fouillaient dès qu’ils voyaient quelqu’un, pensant qu’on venait les arrêter ou leur faire du mal. Nous connaissons bien les difficultés auxquelles ces gens font face et nous essayons de leur venir en aide. »
Il rappelle que ce ministère est au service des citoyens burundais souhaitant partir à l’étranger : « Pour ceux qui ont besoin d’aide, nous sommes prêts à les accompagner en leur fournissant les informations nécessaires pour qu’une personne puisse savoir correctement où elle va. »
D’après le ministre Bizimana, les citoyens doivent faire preuve de prudence et éviter les arnaques en empruntant uniquement des voies officiellement reconnues pour se rendre à l’étranger.