L’OLUCOME déplore le manque d’engrais chez les agriculteurs et dénonce leur attribution prioritaire aux hautes autorités. Selon cet observatoire, il n’est pas anormal que les dirigeants pratiquent l’agriculture, mais il insiste sur la nécessité d’un accès équitable aux intrants pour tous les producteurs, en particulier les petits agriculteurs, souvent négligés.

Selon Gabriel Rufyiri, président de l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques (OLUCOME), l’implication des hautes autorités dans l’agriculture freine l’accès aux engrais pour les petits agriculteurs.
« Vous avez vu le communiqué du gouvernement qui dit que les agriculteurs doivent payer tous les soldes le 25 novembre. Mais, croyez-moi, personne ne se rend encore au champ, vous le savez très bien. Est-ce bon vraiment ? Pourtant, je suis sûr que les hautes autorités ont déjà reçu ces intrants, ce n’est pas possible. Franchement, les agriculteurs sont en train de s’approvisionner en intrants de la saison A de l’année passée et ce, en quantité insuffisante. »
Il affirme qu’actuellement, le secteur agricole est confronté à de graves défis, notamment un monopole exercé par certaines autorités.
« Tout cela fait partie des désavantages des hautes autorités qui s’impliquent dans l’agriculture. Ils profitent de leur rang alors que les simples agriculteurs sont tardivement servis. Vous comprendrez qu’il y a un déséquilibre remarquable. Qu’il y ait la transparence dans cet approvisionnement afin que quiconque veut s’en procurer le trouve facilement, à temps et en quantité suffisante », dit-il.
L’OLUCOME suggère un fonds de stabilisation agricole

Rufyiri ajoute qu’un fonds de stabilisation pour les engrais et les semences devrait être mis en place afin de garantir aux agriculteurs un accès rapide et régulier à ces intrants.
« La première solution est d’instaurer un stock stratégique de semences et d’engrais chimiques. L’État doit fournir des efforts pour rendre disponibles les intrants et les semences en quantité suffisante afin que les agriculteurs puissent s’en procurer à temps. Cela n’est possible que lorsque le stock stratégique est déjà là. »
Il complète : « Deuxièmement, il doit y avoir les données statistiques nécessaires qui facilitent la planification. Cette dernière se fait sur base des statistiques bien faites et fiables. »
L’OLUCOME souligne que chaque année, l’État devrait organiser des réunions d’évaluation de la campagne agricole afin d’identifier les insuffisances et d’y apporter des corrections.